VIDEO. Etats-Unis: Bush et Obama étrillent Trump sans le nommer aux obsèques de John McCain

ETATS-UNIS Les deux anciens présidents ont rendu un vibrant hommage au « héros américain » McCain, saluant une personnalité politique porteuse d’unité dans une Amérique profondément divisée...

M.C.

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George W. Bush rend hommage à John McCain, à Washington, le 1er septembre 2018.
George W. Bush rend hommage à John McCain, à Washington, le 1er septembre 2018. — SAUL LOEB / AFP

Il était absent, mais omniprésent dans les discours, sans jamais toutefois être nommé. Donald Trump, indésirable aux obsèques du sénateur John McCain samedi, a peut-être eu les oreilles qui sifflaient lors de sa partie de golf, tandis que George W. Bush et Barack Obama rendaient un vibrant hommage au « héros américain » John McCain, saluant une personnalité politique porteuse d’unité dans une Amérique profondément divisée.

Les deux anciens présidents, visiblement émus, ont affirmé que l’ancien sénateur républicain et ancien prisonnier de guerre au Vietnam, décédé le 25 août à 81 ans après une année de combat contre un cancer du cerveau, avait fait d’eux de « meilleurs » présidents, dans des discours teintés de critiques à peine voilées à l’encontre de l’actuel locataire de la Maison Blanche.

 

« L’Amérique de John McCain n’a pas besoin qu’on lui rende sa grandeur »

« John était avant tout un homme avec un code », a assuré George Bush. « Il respectait la dignité de chaque vie, une dignité qui ne s’arrête pas aux frontières et qui ne peut être effacée par les dictateurs ». Il « a combattu des politiques et des pratiques qu’il estimait indignes de notre pays, John McCain insistait : "nous valons mieux que ça, l’Amérique vaut mieux que ça" », a souligné l’ex-président républicain, alors que pendant son mandat, le sénateur s’était fermement opposé aux méthodes d’interrogatoire de la CIA après le 11-Septembre.

Auparavant, la fille de John McCain, Meghan, s’en était ouvertement prise au président Trump, dans une oraison souvent interrompue par les sanglots. « L’Amérique de John McCain n’a pas besoin qu’on lui rende sa grandeur parce qu’elle a toujours été grande », a-t-elle lancé, longuement applaudie après avoir moqué le slogan de campagne - « Rendre à l’Amérique sa grandeur » - de l’actuel président des Etats-Unis.

Les proches collaborateurs de Trump et sa fille Ivanka présents

C’est d’ailleurs coiffé d’une casquette portant ce slogan que le magnat de l’immobilier a quitté samedi matin la Maison Blanche pour jouer au golf, son sport favori. Ses seuls messages postés sur Twitter pendant la matinée étaient des menaces adressées au Canada dans la renégociation de l’Aléna.

Il avait délégué à la cathédrale son plus proche collaborateur, le général John Kelly ainsi que son ministre de la Défense Jim Mattis et son conseiller à la sécurité nationale John Bolton. La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, était aussi dans l’assistance avec son époux Jared Kushner, nouveau signe des différences qu’elle affiche régulièrement avec son père.

 

« Une politique qui se prétend courageuse mais qui est basée sur la peur »

Barack Obama a également éreinté le milliardaire, sans jamais le citer. « Notre vie publique peut paraître petite, méchante et mesquine, porteuse d’insultes et de suffisance », a-t-il affirmé, ajoutant : « C’est une politique qui se prétend courageuse et ferme mais qui est basée sur la peur ».

 

« Malgré toutes nos différences et le temps passé à nous combattre, je n’ai jamais tenté de cacher, et je pense que John l’a finalement compris, l’admiration profonde que j’avais pour lui », a déclaré Barack Obama. John McCain avait été son adversaire lors de sa première élection victorieuse en 2008. Il avait aussi sauvé l’été dernier la loi sur l’assurance-santé, baptisée Obamacare, en votant contre un projet de réforme voulu par Donald Trump.

En juillet, il avait décoché ses flèches les plus acérées contre l’actuel président, en qualifiant sa rencontre controversée avec Vladimir Poutine à Helsinki d'« un des pires moments de l’histoire de la présidence américaine ». Vendredi déjà, Donald Trump s’était fait représenter par le vice-président Mike Pence pour une cérémonie d’hommages au Capitole.