Chili: Le nombre des enquêtes pour agressions sexuelles au sein du clergé passe de 38 à 119

RELIGION Sept évêques sont notamment visés par les autorités judiciaires...

G. N. avec AFP

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Le cardinal Ricardo Ezzati Andrello, ici en 2014, est notamment accusé d'avoir couvert les agressions sexuelles de prêtres au Chili.
Le cardinal Ricardo Ezzati Andrello, ici en 2014, est notamment accusé d'avoir couvert les agressions sexuelles de prêtres au Chili. — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Le scandale de pédophilie au sein de l'Eglise catholique chilienne prend de l'ampleur. Le parquet a annoncé vendredi que le nombre des enquêtes ouvertes pour agressions sexuelles était passé de 38 à 119, visant notamment sept évêques. «Nous informons que le nombre actualisé des enquêtes ouvertes pour des agressions sexuelles commises par des membres de l'Eglise catholique au 31 août est de 119», peut-on lire dans le communiqué du parquet.

Les autorités chiliennes ont procédé ces dernières semaines à une série de perquisitions dans des institutions de l'Eglise, dont les sièges de la Conférence épiscopale et de la Congrégation des Frères Maristes, toutes deux à Santiago. Ce sont les preuves réunies qui ont permis d'ouvrir ces nouvelles enquêtes, d'après des sources judiciaires. Selon les derniers chiffres, ces enquêtes visent 167 personnes, dont sept évêques et 96 prêtres.

Figurent aussi sur les registres du ministère public 4 diacres, 30 religieux qui ne «sont pas des prêtres», 10 laïcs et 20 personnes dont on ne précise pas le statut. Au total, le nombre des victimes de ces affaires en cours s'élève à 178, dont 79 sont des mineurs.

Dissimulation de sévices sexuels

Parmi les personnes mises en cause par la justice on trouve l'archevêque de Santiago Ricardo Ezzati, dont l'audition par la justice, initialement prévue pour août, avait été reportée sine die à la demande de ses avocats. Ricardo Ezzati, né en Italie, avait été convoqué à l'origine le 21 août par le procureur régional de Rancagua (centre) Emiliano Arias afin de répondre aux accusations de dissimulation des sévices sexuels, en plein scandale de pédophilie et d'omerta qui ébranle le clergé chilien.

La plupart des preuves qui ont permis d'accuser Mgr Ezzati ont été saisies au cours d'une perquisition à l'archidiocèse de Santiago, l'Eglise catholique ayant refusé jusqu'alors de remettre à la justice des documents demandés, invoquant le respect des victimes.

Forte défiance au sein de la population

Début août, les évêques chiliens se sont excusés d'avoir «manqué à leurs devoirs de pasteurs» et de ne pas avoir «écouté, cru, reçu ou accompagné les victimes des graves péchés et des injustices commises par les prêtres et par les membres de l'Eglise», au terme d'une assemblée extraordinaire de la Conférence épiscopale.

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Les autorités de l'Eglise catholique chilienne «auraient pu et auraient dû» éviter de nombreux abus contre des enfants, a déploré le président chilien Sebastian Piñera. Selon un sondage de la société Cadem, 96% des Chiliens considèrent que l'institution protège les prêtres accusés de sévices sexuels et 83% d'entre eux estiment que le clergé n'est ni honnête ni transparent.