Allemagne: Plus d'un millier de partisans d'extrême-droite dans les rues de Chemnitz

ANTI-MIGRANTS Les manifestants protestent toujours contre les demandeurs d’asile, après le meurtre d’un Allemand à coups de couteau le week-end dernier...

20 Minutes avec AFP

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Rassemblement des partisans de l'extrême-droite allemande, le 30 août 2018 à Chemnitz.
Rassemblement des partisans de l'extrême-droite allemande, le 30 août 2018 à Chemnitz. — Odd ANDERSEN / AFP

Chemnitz est devenue l’épicentre de la mobilisation d’extrême droite en Allemagne. Jeudi soir, une nouvelle manifestation a rassemblé un millier de protestataires contre les demandeurs d’asile. Une mobilisation qui fragilise le parti conservateur d’Angela Merkel, avant des élections régionales en octobre.

Cette dernière manifestation s’est déroulée dans le calme, contrairement aux dernières mobilisations dans cette ville de l’ex-RDA. Les manifestants protestent toujours contre les demandeurs d’asile, après le meurtre d’un Allemand à coups de couteau le week-end dernier, pour lequel la justice soupçonne deux jeunes irakien et syrien.

Des « chasses collectives »

« Ordre et sécurité », pouvait-on lire sur les calicots, ou encore « Le peuple se lève ». Ils se sont rassemblés à proximité d’une réunion organisée par le chef du gouvernement de Saxe, membre du parti de centre droit de la chancelière Angela Merkel, et la maire sociale-démocrate de Chemnitz, avec des habitants de Chemnitz pour tenter de ramener le calme. Le climat est resté tendu. Plusieurs des habitants de la ville les ont pris à partie en leur reprochant de ne pas suffisamment s’occuper de la population allemande de la région.

Après l’homicide du week-end, environ 800 personnes ont déjà défilé dimanche pour protester, dont de nombreux sympathisants de groupes néonazis qui se sont livrés selon les autorités à des « chasses collectives » contre les étrangers dans la rue. Le lendemain un nouveau rassemblement a dégénéré en échauffourées avec des contre-manifestants de gauche, faisant une vingtaine de blessés.

Elections en vue

La police a été critiquée pour avoir souvent paru débordée mais aussi en raison de soupçons de collusion avec la droite ultra dans ses propres rangs ou dans ceux de la justice locale.

La droite ultra fait depuis des mois campagne sur le thème des crimes commis par des étrangers en Allemagne. Elle accuse la chancelière Angela Merkel d’en être responsable pour avoir ouvert les portes de son pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016, provenant principalement de Syrie et d’Irak.

Cette stratégie de la tension semble porter électoralement ses fruits, l’extrême droite talonne désormais le parti social-démocrate dans les sondages derrière les conservateurs d’Angela Merkel, avec des élections régionales qui se profilent en Bavière et en Hesse en octobre.

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