Crise des Rohingyas: Aung San Suu Kyi gardera son prix Nobel de la paix malgré le rapport explosif de l'ONU

BIRMANIE Prix Nobel en 1991, Aung San Suu Kyi est mise en cause dans un rapport de l’ONU accusant l’armée birmane de « génocide » à l’encontre des musulmans rohingyas…

20 Minutes avec agences

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Aung San Suu Kyi, la dirigeante birmane, lors q'un discours retransmis à la télévision le 19 septembre 2017.
Aung San Suu Kyi, la dirigeante birmane, lors q'un discours retransmis à la télévision le 19 septembre 2017. — Aung Shine Oo/AP/SIPA

Elle gardera son prix. Le comité Nobel norvégien a exclu ce mercredi de retirer le Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi, mise en cause par un rapport explosif de l’ONU sur la Birmanie et la crise des Rohingyas. « Les statuts du prix Nobel de la paix ne le permettent pas », a ainsi déclaré à l’AFP le secrétaire du comité, Olav Njølstad.

Dans un rapport accusant l’armée birmane de « génocide » publié lundi, des enquêteurs de l’ONU déplorent qu’Aung San Suu Kyi, chef de facto du gouvernement birman, n’ait pas notamment utilisé son « autorité morale » dans la crise.

Prix Nobel en 1991

Aung San Suu Kyi s’était vu attribuer le Nobel en 1991, alors qu’elle était en résidence surveillée dans son pays. Elle n’avait pu se rendre à Oslo pour prononcer son discours d’acceptation que vingt-et-un ans plus tard.

Comme il l’avait déjà fait l’an dernier, le comité Nobel a cependant répété sa « préoccupation la plus profonde pour la situation en Birmanie » et « enjoint toutes les parties concernées à faire leur possible pour mettre fin à la discrimination et la persécution des minorités ».

« Nettoyage ethnique » selon l’ONU

En 2017, plus de 700.000 musulmans rohingyas ont fui ​vers le Bangladesh après une offensive de l’armée birmane lancée en représailles d’attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas. Cette répression a été qualifiée par l’ONU de « nettoyage ethnique », une accusation rejetée par les autorités birmanes.

Dans un entretien à la BBC ce jeudi, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a expliqué Aung San Suu Kyi « n’avait pas besoin de se faire la porte-parole des militaires birmans » et qu’elle « aurait pu démissionner ».

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