Viol collectif de Khadija au Maroc: La victime est «solide mais perturbée»

BARBARIE Son avocat affirme avoir lui-même « constaté des brûlures et des tatouages sur son corps ».

L.Gam. avec AFP

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Créé par une jeune artiste marocaine, ce dessin illustrant le calvaire subi par Khadija est devenu viral sur les réseaux sociaux.
Créé par une jeune artiste marocaine, ce dessin illustrant le calvaire subi par Khadija est devenu viral sur les réseaux sociaux. — _artbynada_ / Instagram

« Elle doit bénéficier d’un accompagnement psychiatrique car elle est solide mais perturbée ». Khadija Okkarou, l’adolescente de 17 ans qui a dit avoir subi un viol collectif et des tortures, perpétrées par des hommes de son village, dans le centre du Maroc, a été examinée par le Dr Abdenbi Halmaoui qui s’est confié dans un entretien avec l’AFP.

Me Brahim Hachane, l’avocat de l’adolescente, compte demander « une expertise médicale pour définir ses séquelles psychiques et physiques » quand le juge d’instruction chargé de l’affaire au parquet de Beni Mellal (centre du Maroc) organisera la première audition, le 6 septembre prochain. L’avocat affirme avoir lui-même « constaté des brûlures et des tatouages sur son corps ».

Khadija a réussi à s’échapper vers la mi-août et a déposé plainte.

Mobilisation en ligne pour obtenir justice

Le témoignage vidéo dans lequel la jeune femme affirme avoir été enlevée, séquestrée, violée, tatouée de force et martyrisée pendant deux mois par une quinzaine d’hommes dans son village de Oulad Ayyad (centre) a suscité une grande mobilisation sur les réseaux sociaux. Une pétition pour lui venir en aide et obtenir « justice pour elle » a recueilli plus de 50.000 signatures en quelques jours. Des propositions d’interventions médicales gratuites ont afflué, selon la NSAT, une association d’aide aux femmes victimes de violences qui a décidé de la soutenir.

Douze hommes, âgés de 18 à 28 ans, ont été placés en détention préventive​ mardi, avec différents chefs de poursuite, comme « traite d’être humain sur mineure », «  viol », « menace de meurtre », « torture et usage d’arme causant des blessures et séquelles psychiques », « constitution d’une bande organisée, enlèvement et séquestration », « non-dénonciation de crime » et « non-assistance à personne en danger ».

« De toute façon, la vie de Khadija est déjà finie. Ruinée. Personne ne voudra d’elle. Personne ne voudra s’approcher d’une pestiférée marquée à vie dans sa propre chair », s’indigne dans une tribune l’écrivain marocain Abdellah Taïa. Plusieurs personnalités comme Leila Slimani, Tahar Ben Jelloun ou Mahi Binbine ont signé le texte intitulé « Viol de la fille aux tatouages : qui va sauver les femmes marocaines ? » et publié dans différents médias en France et au Maroc.

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