Robots tueurs: Des ONG appellent les Etats à interdire leur utilisation

ARMES Les ONG estiment que « les progrès technologiques en matière d’armement vont plus vite que le droit international »…

20 Minutes avec agences

— 

Illustration d'un drone militaire.
Illustration d'un drone militaire. — Chavosh Homavandi/AP/SIPA

Ils veulent légiférer « avant qu’il ne soit trop tard ». Des militants d’ONG ont appelé ce lundi les Etats à rédiger rapidement un traité pour interdire l’usage des robots tueurs.

Alors que les discussions de l’ONU ont repris sur ce sujet à Genève (Suisse), les ONG ont mis en garde contre l’arrivée d’armes létales autonomes sans intervention humaine et ont critiqué la lenteur de la réaction des Nations unies face à ce déploiement.

« Plus de la science-fiction »

« Les robots tueurs ne sont plus de la science-fiction », a ainsi mis en garde Rasha Abdul Rahim, conseillère d’Amnesty International en matière d’intelligence artificielle et de droits de l’homme, dans un communiqué.

« Des drones intelligents aux armes automatiques qui peuvent choisir leur propre cible, les progrès technologiques en matière d’armement vont plus vite que le droit international », a-t-elle ajouté.

Première commission en novembre dernier

Ces commentaires surviennent au moment où la Convention sur certaines armes classiques (CCW) a entamé une réunion d’une semaine au siège de l’ONU pour discuter des systèmes d’armes létales autonomes. La Conférence du désarmement, l’instance de l’ONU qui siège à Genève, avait réuni en novembre dernier la première commission spécialisée sur ce sujet avec des représentants d’environ 100 pays, experts et ONG.

Amandeep Gill, l’ambassadeur d’Inde qui préside cette commission, a ainsi déclaré que les discussions avaient depuis « bien progressé », même si les Etats ne se sont pas encore mis d’accord sur la façon de traiter cette question.

Des négociations compliquées

Selon les militants d’ONG, au moins 26 pays appellent à l’interdiction pure et simple des robots tueurs, un chiffre en augmentation. Pour autant, des Etats comme la France, la Grande-Bretagne, Israël et les Etats-Unis, en pointe dans la fabrication de ces armes, ne se sont pas engagés en vue d’en restreindre l’usage.

En cas d’absence de progrès, l’ONG « Campagne pour interdire les robots tueurs » a souligné que les négociations pourraient se dérouler en dehors de cette Convention. « Nous sommes prêts à les sortir de l’ONU en cas de blocage », a ainsi déclaré Jody Williams, prix Nobel de la paix en 1997 pour ses travaux en faveur d’un traité d’interdiction des mines antipersonnel.

>> A lire aussi : Promis, Google n'aidera pas le gouvernement à fabriquer des robots-tueurs

>> A lire aussi : Cédric Villani: «Ce n’est pas l’intelligence artificielle qu’il faut craindre, mais les humains»