Etats-Unis: Trump annule à nouveau plus de 200 millions de dollars d'aide aux Palestiniens

CRISE DIPLOMATIQUE Le président américain a promis « quelque chose de très bien » aux autorités palestiniennes mais seulement en compensation de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël…

N.Sa avec AFP

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Une femme palestinienne passe devant les décombres du centre culturel Said al-Mishal, dans la ville de Gaza, détruit une attaque aérienne israélienne le  11 août 2018.
Une femme palestinienne passe devant les décombres du centre culturel Said al-Mishal, dans la ville de Gaza, détruit une attaque aérienne israélienne le 11 août 2018. — Mahmoud Ajour\apaimages/SIPA

C’est « à la demande » du président Donald Trump que l’administration américaine va « rediriger plus de 200 millions de dollars initialement prévus pour des programmes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza », a déclaré à la presse un haut responsable du département d’Etat vendredi. « Ces fonds iront désormais à des programmes hautement prioritaires ailleurs », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

L’annonce de l’annulation de cette aide destinée aux Palestiniens aggrave un peu plus encore la crise diplomatique déclenchée par  a reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Des relations gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne

Cette décision intervient à la suite d’une « analyse de l’assistance américaine à l’Autorité palestinienne et en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pour faire en sorte que les fonds soient dépensés conformément aux intérêts nationaux américains », a-t-il souligné.

Les relations sont gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne depuis l’annonce par Donald Trump, fin 2017, de sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël. Les Palestiniens refusent depuis tout contact avec l’administration américaine et lui dénient tout rôle de médiateur dans le processus de paix avec Israël.

En réponse, Donald Trump avait annoncé fin janvier qu'il allait conditionner le versement de l'aide aux Palestiniens à leur retour à la table des négociations, bloquant alors les 215 millions de dollars que l’administration américaine devait investir en 2018 à Gaza et en Cisjordanie occupée pour l’aide humanitaire et au développement. Les Etats-Unis avaient aussi déjà drastiquement coupé en janvier leur contribution à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), obligée depuis de licencier plus de 250 employés.

Un plan de paix pour le Proche-Orient aux contours flous

Le département d’Etat assure avoir « pris en compte les défis auxquels est confrontée la communauté internationale pour fournir son assistance à Gaza, où le contrôle du Hamas met en danger la vie des Gazaouis et aggrave une situation humanitaire et économique déjà désastreuse ».

La Maison Blanche, sous la houlette d’une petite équipe dirigée par le gendre du président, Jared Kushner, et l’émissaire spécial Jason Greenblatt, travaille depuis des mois à un plan de paix pour le Proche-Orient aux contours flous et dont l’annonce est régulièrement présentée comme imminente.

Trump promet aux Palestiniens « quelque chose de très bien »

Donald Trump, qui avait clamé, avant sa décision très controversée sur Jérusalem, vouloir aboutir à un « accord ultime » pour régler le vieux conflit israélo-palestinien, a plusieurs fois vanté les mérites de la future proposition américaine. Plusieurs observateurs voient dans ces décisions financières une manière de tordre le bras à l’Autorité palestinienne afin qu’elle finisse par accepter l’offre de paix de Washington.

Jusqu’ici sans succès : les responsables palestiniens ont balayé cette semaine une apparente ouverture de Donald Trump, qui leur a promis « quelque chose de très bien » en compensation de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.