Etats-Unis: Qui est Michael Cohen, l'ex-fidèle qui fait trembler Donald Trump?

JUSTICE Le New-Yorkais, qui doit fêter samedi ses 52 ans, a plaidé coupable face à la justice, impliquant son ex-mentor, le président des Etats-Unis... 

20 Minutes avec AFP

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Michael Cohen, l'ex-avocat de Donald Trump, le 19 septembre 2017 à Washington.
Michael Cohen, l'ex-avocat de Donald Trump, le 19 septembre 2017 à Washington. — Andrew Harnik/AP/SIPA

Il était l’un des fidèles du président américain. L’avocat Michael Cohen, ex-conseil du président, a finalement décidé de témoigner contre Donald Trump, en passant avec la justice un accord de reconnaissance de culpabilité. Aux Etats-Unis, cette procédure permet de limiter la peine encourue.

Après avoir travaillé plus de dix ans aux côtés de l’homme d’affaires, le New-Yorkais n’aura peut-être pas le cœur à fêter samedi ses 52 ans. Surnommé le « pitbull » de Donald Trump, l’avocat a donc plaidé coupable devant un juge fédéral de Manhattan d’infractions fiscales et aux règles de financement électoral. Le juriste a aussi reconnu avoir grassement acheté le silence de deux maîtresses présumées du magnat de l’immobilier, ceci afin de lui dégager la voie vers la Maison Blanche.

Fortune et taxis jaunes

Face à Michael Cohen, on a l’impression de se retrouver plongé dans une série télévisée sur les milieux troubles de New York, où experts en combines et avocats peu regardants font des affaires juteuses. L’homme aux cheveux poivre et sel s’est taillé la part du lion en investissant avec sa femme ukrainienne dans les licences de fameux taxis jaunes, qui à l’époque valaient une fortune.

Comme son ancien mentor, Michael Cohen a une confiance inaltérable dans son destin. A tel point que le juriste a été présenté ironiquement comme le sixième enfant de l’homme d’affaires. L’avocat au ton sec et tranchant est assurément attiré par le luxe, les appartements cossus de la Trump Organization où il a investi, convainquant même ses parents et beaux-parents de l’imiter.

Tentatives d’intimidation

Mais, avant les halls dorés de Manhattan, Michael Cohen a connu un quartier d’entrepôts moins reluisant dans le Queens. Le juriste avait suivi les cours de la faculté de droit Thomas Cooley, dans l’Etat du Michigan, qui a la réputation d’être la pire des Etats-Unis. Le patron du premier cabinet qui l’a employé a été accusé d’escroquerie. Il sait emprunter les sentiers du paralégaux, user de tactiques d’intimidation, éviter un procès en déboursant de l’argent.

En 2015, il avait menacé de transformer en « enfer » la vie d’un reporter du Daily Beast, qui l’avait contacté à propos d’accusations formulées par l’ex-femme de Donald Trump, Ivana. A l’époque, il se disait prêt à prendre une balle à la place du grand patron. Il se rêvait alors en secrétaire général de la Maison Blanche.

Le « crime » de Donald Trump

L’année suivante, celle de la présidentielle, il a versé 130.000 dollars à l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels, en vertu d’une des clauses de confidentialité dont il est spécialiste. Sous serment, mardi, Michael Cohen a avoué, affirmant que le président américain « lui avait demandé de commettre [ce] crime ».

Sa chute a aussi été précipitée par son appât du gain : on lui reproche d’avoir touché des millions de dollars de personnes cherchant un accès privilégié à la Maison Blanche. Des paiements adressés à une société-écran qu’il contrôlait. Les chefs d’inculpation retenus contre Michael Cohen, bientôt 52 ans, sont passibles de peines cumulées pouvant atteindre 65 ans de prison. Sa peine, probablement allégée après son plaider coupable, sera prononcée le 12 décembre.