Avortement: De nombreux Argentins se font débaptiser après le rejet de la légalisation de l'IVG

DROITS Le rejet du projet de légalisation de l'avortement par le Sénat a déclenché un vaste mouvement de contestation en Argentine...

20 Minutes avec agence

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Le rejet du projet de légalisation de l'avortement a déclenché un vaste mouvement de contestation en Argentine.
Le rejet du projet de légalisation de l'avortement a déclenché un vaste mouvement de contestation en Argentine. — Natacha Pisarenko/AP/SIPA

L'Argentine fait actuellement face à un mouvement d'« apostasie collective » de grande ampleur. Après le rejet par le Sénat du projet de légalisation de l'interruption volontaire de grossesse, de nombreux Argentins réclament la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Pour exprimer leur mécontentement, ils se font débaptiser, rapporte Le Monde.

L’Eglise accusée d’avoir influencé les législateurs

« J’ai été baptisée à ma naissance, donc sans mon consentement mais aujourd’hui, à 30 ans, je refuse de cautionner une institution hypocrite et perverse », confie ainsi Mariana Ceballos, une militante féministe citée par le quotidien. Son frère Marcelo s’est également débaptisé car il est offusqué par « la double morale d’une Eglise qui prétend défendre la vie humaine mais qui protège les prêtres pédophiles qui abusent des enfants ».

Le Sénat a rejeté le 9 août dernier le projet de légalisation de l’IVG. De nombreux Argentins estiment que l’Eglise catholique a influencé cette décision. En effet, le pape François avait comparé les IVG à l’Holocauste et des prêtres avaient menacé d’excommunier les législateurs qui voteraient le texte, rappelle Le Monde.

Un soutien financier de l’Etat

La Coalition argentine pour un Etat laïque (CAEL) a donc décidé de lancer une campagne, avec d’autres associations, pour réclamer la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ils proposent aussi à ceux qui le souhaitent de faire rayer leurs noms des registres de l’Eglise sous présentation de son identité, de sa date de baptême et de la paroisse où la cérémonie a eu lieu.

« Depuis 1983, aucun gouvernement n’a pris en compte les revendications d’un Etat laïque, aucun gouvernement n’a non plus manifesté la volonté politique d’en finir avec l’aide économique accordée à l’Eglise », détaille le sociologue des religions, Fortunato Mallimaci. L’Argentine est aujourd’hui un Etat fédéral laïc qui « soutient » toutefois le culte « catholique apostolique romain ». Les salaires des évêques et leurs retraites sont ainsi payés par l’Etat dans ce pays.

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