Etats-Unis: Un ex-gardien SS expulsé vers l'Allemagne, qui veut assumer son passé

NAZI Jakiw Palij avait immigré en 1949 aux Etats-Unis et obtenu la nationalité américaine huit ans plus tard, prétendant avoir été un fermier durant la Seconde guerre mondiale...

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants américains hostiles à la présence de l'ex-gardien SS à New-York.
Des manifestants américains hostiles à la présence de l'ex-gardien SS à New-York. — Kathy Willens/AP/SIPA

Il était l’un des bourreaux allemands de la Seconde Guerre mondiale. Jakiw Palij, 95 ans, vient de revenir en  Allemagne après son expulsion des Etats-Unis. Pour le pays, l’accueil de cet ex-gardien SS relève d’une responsabilité « morale » au moment les dernières poursuites contre d’anciens nazis sont sur le point d’être closes.

Né en Pologne, Jakiw Palij vivait depuis 1949 à New York. Il avait travaillé comme assistant SS dans le camp de travail forcé de Trawniki en 1941 dans lequel plus de 6.000 Juifs ont été exterminés. Arrivé mardi matin à l’aéroport de Düsseldorf, l’homme a ensuite été transporté vers un centre de soins gériatriques près de Münster, selon la presse allemande, qui doute que l’homme puisse un jour être jugé.

Des manifestations hostiles devant son domicile

Jakiw Palij avait immigré en 1949 aux Etats-Unis et obtenu la nationalité américaine huit ans plus tard, prétendant avoir été un fermier durant la Seconde guerre mondiale. Mais en 2003, un juge fédéral la lui a retirée parce qu’il avait menti sur son passé de SS. Le procureur avait estimé qu’en tant que gardien, il avait empêché les prisonniers de s’échapper et avait « contribué directement à leur massacre », ce qu’il niait.

Depuis, les Etats-Unis ont essayé sans succès de l’expulser. Berlin a longtemps refusé de l’accueillir car il n’avait pas la nationalité allemande. L’ancien garde SS a été aux Etats-Unis l’objet de manifestations hostiles régulières, et de plus en plus fréquentes ces dernières années, devant son domicile new-yorkais.

Accepter le passé

« Avec l’admission de Palij, le gouvernement fédéral envoie un signal clair de la responsabilité morale de l’Allemagne », a affirmé à l’AFP un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. « L’obligation qui découle de notre histoire comprend l’acceptation » du passé « et un débat honnête autour des crimes du régime de terreur nazi (…) nous assumons la responsabilité envers les victimes du national-socialisme ainsi qu’envers nos partenaires internationaux », a aussi déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

L’Allemagne a jugé et condamné ces dernières années plusieurs anciens SS pour complicité de meurtre : John Demjanjuk, Reinhold Hanning et Hubert Zafke ont tous été condamnés, illustrant la sévérité accrue, mais très tardive, de la justice allemande. Cependant, jusqu’ici aucun n’est allé en prison en raison de leur état de santé.

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