L'Iran dévoile son premier avion de combat, alors que les tensions avec Washington sont toujours vives

IRAN Après la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire et le rétablissement des sanctions commerciales, cette démonstration de force risque de tendre encore plus les relations entre Téhéran et Washington...

20 Minutes avec AFP

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Le Président iranien Hassan Rohani est monté sur le "Kowsar", l'avion 100% iranien dévoilé mardi 21 août 2018.
Le Président iranien Hassan Rohani est monté sur le "Kowsar", l'avion 100% iranien dévoilé mardi 21 août 2018. — AFP

L’Iran a dévoilé lundi son premier avion de combat de fabrication 100 % iranienne, tout en affirmant que ses capacités militaires sont uniquement dissuasives et visent à parvenir à une « paix durable », en pleine tension avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, cet avion de chasse dispose d’équipements technologiques « de pointe », dont des radars polyvalents. L’appareil a été testé avec succès et une démonstration de vol a été diffusée par certains médias officiels. La télévision d’Etat a montré, à l’occasion de la journée nationale de l’Industrie de la Défense, le président Hassan Rohani assis dans le cockpit de l’avion baptisé « Kowsar ».

« Nous cherchons plutôt la paix »

« Certains pensent que lorsqu’on accroît sa force militaire, c’est qu’on cherche la guerre. Mais nous cherchons plutôt la paix et nous ne voulons pas la guerre », a fait valoir Hassan Rohani, s’exprimant dans le cadre de la parade militaire organisée dans la capitale iranienne. « Si nous n’avons pas de moyens de dissuasion, cela donnera un feu vert aux autres pour entrer dans ce pays », a-t-il encore argué.

Rohani, président depuis cinq ans et en difficulté sur le plan intérieur, a réaffirmé que l’Iran devait faire preuve de retenue et en même temps de dissuasion, dans une apparente allusion à ses opposants radicaux, qui adoptent un ton plus guerrier vis-à-vis des Etats-Unis. « Avec quelques phrases, on peut commencer un combat. Avec quelques actes militaires on peut entrer en confrontation, mais ça sera coûteux », a-t-il averti, plaidant pour une protection du pays « à moindre coût ».

Répondre aux « menaces » d’Israël et des Etats-Unis

Le ministre de la Défense Amir Hatami avait annoncé la tenue de cet évènement samedi dernier, affirmant que son pays cherchait à améliorer ses capacités balistiques pour répondre aux « menaces » d’Israël et des Etats-Unis, ses ennemis jurés. Les déclarations iraniennes interviennent en pleine tension avec l’administration du président américain Donald Trump, régulièrement soupçonnée de caresser l’espoir d’un changement de régime en Iran. 

Arrivé au pouvoir en 2017, Trump a décidé en mai dernier de se retirer de l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les grandes puissances. Le 7 août, il a unilatéralement rétabli des sévères sanctions à l'encontre de l'Iran, notamment des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières. Une nouvelle salve de sanctions touchant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre afin d’accroître la pression sur Téhéran. 

Des entreprises quittent l’Iran

Le 13 août, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a lui affirmé qu’il n’y aurait ni guerre ni négociations avec les Etats-Unis, les problèmes de son pays étant le résultat d’une mauvaise gestion du gouvernement plutôt que du rétablissement des sanctions. Face à ces dernières, plusieurs entreprises internationales ont toutefois commencé à quitter l’Iran.

Le géant pétrolier français Total, qui avait déjà prévenu qu’il lui serait impossible d’y rester sans une dérogation de la part des autorités américaines, s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars.

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