Corée du Nord: Emouvantes retrouvailles de familles séparées depuis la guerre entre Nord et Sud en 1950

EMOTION Certaines familles ont été séparées depuis la Guerre de Corée entre 1950 et 1953 et n'ont pas revu un fils, une belle-fille, des neveux depuis soixante-huit ans...

20 Minutes avec AFP

— 

Une femme vivant en Corée du Sud a retrouvé sa soeur, restée en Corée du Nord en 1950. Elle vient de la retrouver ce lundi 20 août pour la première fois depuis la guerre entre les deux Corées.
Une femme vivant en Corée du Sud a retrouvé sa soeur, restée en Corée du Nord en 1950. Elle vient de la retrouver ce lundi 20 août pour la première fois depuis la guerre entre les deux Corées. — AFP

Réunion de famille… soixante-huit ans après séparation. Plusieurs dizaines de Sud-Coréens d’un âge avancé sont passés ce lundi au Nord pour y rencontrer des parents qu’ils n’ont plus revus depuis la Guerre de Corée (1950-1953), à l’occasion de poignantes retrouvailles pour des familles séparées depuis des décennies.

Cette nouvelle série de réunions, les premières depuis trois ans, auront lieu dans la station de montagne nord-coréenne du Mont Kumgang. Elles sont une illustration supplémentaire de la remarquable détente entre le Nord et le Sud, après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang.

89 Sud-Coréens tirés au sort

Des millions de personnes ont été séparées de membres de leur famille par ce conflit qui a scellé la division hermétique de la péninsule. Aucun traité de paix n’ayant été signé, Nord et Sud sont encore, techniquement, en état de guerre, et toute communication civile est rigoureusement proscrite.

Depuis 2000, les deux camps ont organisé 20 séries de réunions de famille, au gré de l’amélioration des relations bilatérales. Mais, 65 ans après l’armistice, le temps est compté pour les survivants. Les 89 Sud-Coréens tirés au sort pour ces réunions s’étaient pour la plupart mis sur leur trente-et-un en prévision de ces rencontres forcément bouleversantes.

Onze heures pour se retrouver après des décennies d’absence

Ils ont pris place à bord de 14 autocars où étaient parfois aussi rangés des fauteuils roulants. Certains paraissaient enthousiastes, d’autres un peu incrédules, et leur convoi escorté par la police et du personnel médical, a pris la direction du Nord. Des reporters de l’AFP la frontière les ont ensuite vus pénétrer dans la partie nord de la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.

De lundi à mercredi, les participants passeront environ onze heures avec les membres de leur famille au Nord, souvent sous la supervision d’agents nord-coréens, avant de se séparer à nouveau, probablement pour toujours.

Lee Keum-seom, 92 ans, fait partie des rares parents qui doivent retrouver un enfant au Nord. Les années passant, ces réunions de familles concernent de moins en moins un enfant et son père ou sa mère. Dans sa fuite pendant la guerre, elle avait perdu son mari et son fils de quatre ans, et avait pris, seule avec sa fille, un ferry à destination du sud. C’est avec sa fille qu’elle est partie lundi pour le Nord. Son fils a aujourd’hui 71 ans. « Je n’avais jamais imaginé que ce jour arrive », a déclaré Mme Lee. Je ne savais même pas s’il était en vie. »

Un centenaire va rencontrer sa petite-fille

Initialement, 130.000 Sud-Coréens s’étaient portés candidats en 2000 pour ces réunions. L’immense majorité sont aujourd’hui décédés. La plupart des survivants ont plus de 80 ans. Le doyen, cette année, s’appelle Baik Sung-kyu et a 101 ans.

Il doit rencontrer sa belle-fille et sa petite fille. Alors en cadeau, il a apporté des habits, des sous-vêtements, 30 paires de chaussures, des brosses à dents et du dentifrice. « J’ai aussi pris 20 cuillères en inox, ajoute-t-il. J’ai tout acheté parce que ce sera ma dernière fois. »

Des adieux éprouvants

Certains de ceux qui avaient été tirés au sort pour la réunion de cette année ont renoncé en apprenant que leur père, leur mère, leur frère ou leur sœur de l’autre côté de la frontière était mort, et qu’ils ne rencontreraient que des parents éloignés ou qu’ils n’ont jamais vus.

Ceux qui ont participé par le passé à ces rencontres ont souvent regretté que ce soit trop court. La plupart ont aussi raconté à quel point les « adieux », à la fin des trois jours, pouvaient être éprouvants. D’autres ont été consternés par le fossé idéologique les séparant. Quelques-uns, par ailleurs, ont eu toutes les peines du monde à recoller les morceaux après des décennies de séparation, et en raison de leur grand âge.

>> A lire aussi : La Corée du Sud envisage de retirer des soldats de la zone démilitarisée, frontière avec le Nord

>> A lire aussi : Corées: Kim Jong-un a rencontré le président sud-coréen, Moon Jae-in