Pont de Gênes: Au Venezuela, un autre pont Morandi suscite la crainte

ACCIDENT Le viaduc Général Rafael Urdaneta, est long de 8.678 mètres, contre 1.182 pour celui de Gênes...

20 Minutes avec AFP

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Le pont Morandi de Maracaibo, au Venezuela
Le pont Morandi de Maracaibo, au Venezuela — FEDERICO PARRA / AFP

Plus ancien et près de huit fois plus long que son « jumeau » de Gênes, le pont Morandi de Maracaibo, au Venezuela, inquiète après la tragédie italienne. Long de 8.678 mètres, contre 1.182 pour celui de Gênes, le viaduc Général-Rafael-Urdaneta, également conçu par Riccardo Morandi, a été inauguré en 1962, soit 5 ans avant l’ouvrage italien qui s’est partiellement effondré mardi, faisant près de 40 morts.

Ce pont, seul axe qui traverse le vaste lac de Maracaibo, est resté fermé de vendredi à lundi après l’incendie d’une armoire électrique située à une de ses extrémités. A cet endroit, passe le réseau qui alimente la deuxième ville du Venezuela et cœur battant de l’industrie pétrolière du pays.

L’accès au pont était toujours limité

Quelque quatre millions d’habitants de la zone ont été privés d’électricité et pratiquement isolés du reste du pays, où les coupures de courant sont fréquentes. Le gouvernement dénonce un acte de « sabotage », une thèse fréquemment utilisée par le camp du pouvoir pour expliquer les dysfonctionnements au Venezuela, secoué par une grave crise politico-économique.

En milieu de semaine, l’accès au pont était toujours limité en raison des réparations. Mais au-delà de cet incident, celui qui fut le pont le plus long du monde à sa construction en 1962, inquiète. Selon Marcelo Monot, ex-président du Centre des ingénieurs de Zulia, les pylônes n’ont pas été inspectés depuis plus de deux décennies. En outre, « le système de pesage [des véhicules] ne fonctionne pas depuis des années : le poids des camions n’est donc pas vérifié, ce qui représente un risque », ajoute-t-il.

Rapport en préparation

Une alternative au viaduc de Maracaibo, le pont Nigale, est en construction depuis plusieurs années, mais « seul 17 % ont été réalisés en 12 ans », explique Marcelo Monot. Cet ouvrage inachevé fait partie des chantiers d’Odebrecht, géant du BTP au cœur d’un scandale de corruption qui éclabousse toute la région.

Ce fleuron brésilien du bâtiment a reconnu avoir versé durant des années des pots-de-vin pour obtenir des chantiers à travers l’Amérique latine.

A la suite de l’incendie sur le pont vénézuélien, antérieur à l’accident de Gênes, des experts de l’université de Zulia, à Maracaibo, le Centre des ingénieurs et la Chambre de la construction préparent un rapport sur l’état de cet ouvrage qui sera remis au gouvernement.

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