«Révoquez mon habilitation secret défense», un ex-amiral défie Trump

ETATS-UNIS Le bras de fer entre le président américain et des anciens du renseignement américain se durcit...

20 Minutes avec AFP

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L'ancien amiral William McRaven, en 2014.
L'ancien amiral William McRaven, en 2014. — Marsha Miller/AP/SIPA

La grande purge chez les anciens du renseignement américain a commencé. Jeudi, Donald Trump a révoqué l’habilitation secret défense d’un de ses critiques les plus féroces, l’ancien chef de la CIA John Brennan. Dans la foulée, l’amiral à la retraite William McRaven, qui avait notamment supervisé le raid contre Oussama Ben Laden, a condamné cette décision. Et a mis au défi le président américain de lui retirer la sienne.

Dans une lettre ouverte publiée par le Washington Post, l’ancien patron des forces spéciales américaines a pris la défense de John Brennan, « l’un des meilleurs serviteurs de l’Etat que j’aie jamais rencontrés ». « Il y a peu d’Américains qui ont fait plus que John pour protéger ce pays », ajoute M. McRaven. « C’est un homme d’une intégrité hors pair, dont l’honnêteté et la moralité n’ont jamais été remises en question, à part par ceux qui ne le connaissent pas ».

« Un honneur »

« Par conséquent, je considérerais comme un honneur que vous révoquiez aussi ma propre habilitation secret défense, de façon à ce que je puisse ajouter mon nom à la liste des hommes et des femmes qui ont critiqué votre présidence », conclut l’ex-amiral McRaven, qui a dirigé jusqu’en 2014 le commandement des Forces spéciales (Socom).

« Comme la plupart des Américains, j’espérais quand vous avez accédé à la présidence que vous vous montreriez à la hauteur de la situation et que vous deviendriez le dirigeant dont notre beau pays a besoin », poursuit-il. Mais « par votre comportement, vous nous avez embarrassés aux yeux de nos enfants, humiliés sur la scène internationale et, pire que tout, vous avez divisé notre nation ».

Règlements de comptes

L’habilitation secret défense donne aux hauts responsables qui en bénéficient accès à des informations sensibles et confidentielles, même après avoir quitté leurs fonctions, ce qui leur permet d’être consultés sur des dossiers actuels. Mais Donald Trump accuse Brennan d’avoir politisé ce privilège pour l’attaquer.

Entre les deux hommes, le torchon brûle. John Brennan s’est fendu d’un éditorial dans le Times, accusant le président américain « d’abus de pouvoir » et de chercher à « faire taire » ses critiques, comme à l’époque de la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy pendant la Guerre froide. Il y a quelques mois, Brennan avait attaqué Donald Trump après le licenciement du n°2 du FBI, Andrew McCabe, lui lançant : « Vous trouverez votre place dans la poubelle de l’histoire. »

La Maison Blanche a précisé que le président envisageait de retirer leur habilitation à d’autres anciens hauts fonctionnaires de l’ère Obama, dont l’ex-chef de la police fédérale (FBI) James Comey, devenu sa bête noire, mais aussi James Clapper, directeur du renseignement jusqu’à début 2017, Michael Hayden, ex-patron de l’Agence nationale de sécurité (NSA) puis de la CIA, Susan Rice, qui était conseillère de Barack Obama pour la sécurité nationale, et Andrew McCabe, ancien adjoint puis directeur par intérim du FBI jusqu’en août 2017. Tous ont ouvertement critiqué le président républicain depuis sa prise de fonctions en janvier 2017.

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