Pédophilie aux Etats-Unis: Le pape se dit «du côté des victimes» des plus de 300 «prêtres prédateurs»

SCANDALE Le Vatican a dit éprouver «honte et colère» après les révélations sur des abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres, couverts par l'Eglise catholique de Pennsylvanie...

20 Minutes avec AFP

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Le pape François a été élu au printemps 2013.
Le pape François a été élu au printemps 2013. — Giuseppe Ciccia/PACIFIC P/SIPA

Le Vatican a dit jeudi soir éprouver « honte et colère » après les révélations d’abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres « prédateurs » et couverts par l'Eglise catholique de Pennsylvanie, aux Etats-Unis. « Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté. Ceux qui ont souffert sont sa priorité et l’Eglise veut les écouter pour éradique cette horreur tragique qui détruit la vie des innocents », a annoncé le Vatican dans un communiqué.

Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi a, effectivement, mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres et couverts par l’Eglise catholique de cet Etat, dont ont été victimes au moins 1.000 enfants. Le rapport évoque des agressions sexuelles dont certaines victimes présumées avaient moins de 10 ans.

Deux prêtres ont été inculpés

Le rapport final de 900 pages (pdf) qui a été rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l’enquête, indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement. Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l’un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010.

Même s’ils ne sont plus passibles de poursuites, les jurés ont également choisi de rendre publics les noms de dizaines d’hommes d’Eglise accusés de pédophilie par des éléments de l’enquête.

« Trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’Eglise »

Malgré des réformes institutionnelles, « les hauts responsables de l’Eglise ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités », assure le rapport. Des évêques et des cardinaux « ont, pour l’essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’Eglise catholique ».

Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l’Eglise catholique a eu fréquemment recours, d’après l’enquête.

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