Etats-Unis: Des journaux américains lancent une grande campagne pour la liberté de la presse

COLERE Menés par le «Boston Globe», des groupes de presse ont publié des éditos défendant le premier amendement américain face aux condamnations du président...

20 Minutes avec AFP

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L'édition du Boston Globe datée du jeudi 16 août 2018.
L'édition du Boston Globe datée du jeudi 16 août 2018. — Joseph PREZIOSO / AFP

« Les journalistes ne sont pas l’ennemi. » Agacés par les incessantes critiques de Donald Trump, plus de 200 groupes de presse américains ont publié une grande campagne pour la liberté de la presse ce jeudi.

Des éditos pour lutter contre le désamour des Américains. « Nous avons aujourd’hui aux Etats-Unis un président qui a créé un mantra selon lequel tout média qui ne soutient pas ouvertement la politique de l’administration actuelle est "l’ennemi du peuple" », écrit le Globe dans son éditorial jeudi. Le Boston Globe a pris la tête du mouvement sous le mot d’ordre #EnemyOfNone (Ennemi de personne). « C’est un des nombreux mensonges propagés par notre président comme par un charlatan d’antan qui jetait de la poussière ou de « l’eau magique » sur une foule pleine d’espoir », poursuit le prestigieux quotidien.

Premier amendement et liberté de la presse

Le New York Times, fréquemment cible des invectives présidentielles, a publié un court éditorial sous un titre en lettres capitales « LA PRESSE LIBRE A BESOIN DE VOUS », rappelant que le peuple avait le droit de critiquer la presse. « Mais insister sur le fait que les vérités qui vous déplaisent sont des « fake news » est dangereux pour la démocratie », écrit le Times.

Pour les défenseurs de la liberté de la presse, les déclarations de Donald Trump menacent le rôle de contre-pouvoir de la presse et vont à l’encontre du premier amendement qui garantit la liberté d’expression et protège les journalistes. Ken Paulson, ancien rédacteur en chef du quotidien USA Today et un des responsables du Newseum, le musée de l’information à Washington, relativise l’efficacité de cette campagne de sensibilisation : « Les personnes qui lisent les éditoriaux n’ont pas besoin d’être convaincues. Ce ne sont pas elles qui hurlent (sur les journalistes) aux meetings présidentiels ».

Fermer les médias

Mais l’initiative de jeudi pourrait galvaniser les partisans du président, qui pourraient y voir une preuve que les médias sont ligués contre lui. « Les médias organisent une attaque plus étudiée et publique que jamais contre Donald Trump » et contre « la moitié du pays qui le soutient », a tweeté Mike Huckabee, ancien gouverneur républicain et commentateur sur la chaîne conservatrice Fox News.

Mais pour les défenseurs des médias, les enjeux sont bien trop importants. Selon un récent sondage Ipsos, 43 % des républicains pensent que le président devrait avoir l’autorité de fermer des médias ayant une « mauvaise attitude ».

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