Japon: L'empereur exprime des «remords» lors des commémorations de la fin de la guerre

JAPON Il s'agissait de sa dernière cérémonie avant son abdication en avril prochain...

20 Minutes avec AFP

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L'empereur du Japon Hirohito et l'impératrice Michiko lors de la cérémonie commémorant la fin de la Seconde guerre mondiale, à Tokyo le 15 août 2018.
L'empereur du Japon Hirohito et l'impératrice Michiko lors de la cérémonie commémorant la fin de la Seconde guerre mondiale, à Tokyo le 15 août 2018. — Kunihiko Miura/AP/SIPA

L'empereur du Japon Akihito a exprimé mercredi ses «profonds remords» en ce jour anniversaire de la capitulation du Japon en 1945, à l'occasion de sa dernière cérémonie avant son abdication en avril 2019.

«Eprouvant de profonds remords, je souhaite sincèrement que jamais ne se répètent les ravages de la guerre», a déclaré le souverain de 84 ans devant un public d'environ 6.000 personnes dans la salle du Nippon Budokan, au centre de Tokyo.

Akihito, fils de Hirohito qui était à la tête du Japon à l'époque et a annoncé la capitulation de l'archipel le 15 août 1945, avait pour la première fois en 2015 employé l'expression de «profonds remords». Il l'a réitérée depuis. Son fils aîné, Naruhito, doit lui succéder fin avril, en vertu d'une loi d'exception lui permettant d'accéder au trône du Chrysanthème avant le décès de son père.

Shinzo Abe a adressé une offrande au sanctuaire controversé Yasukuni

Le Premier ministre, Shinzo Abe, a lui aussi pris la parole. «Les horreurs de la guerre ne doivent pas se reproduire. En nous confrontant humblement à l'Histoire, nous continuerons à tenir fermement cette promesse», a-t-il souligné, sans pour autant exprimer de regrets.

Shinzo Abe, dont les positions nationalistes sont connues, a la ferme intention de réviser la Constitution pacifiste du Japon, et est perçu par ses détracteurs comme partageant des positions révisionnistes. Il a adressé mercredi une offrande au sanctuaire controversé Yasukuni de Tokyo, comme il en a pris l'habitude. Ce lieu honore la mémoire des quelque 2,5 millions de soldats et personnes travaillant pour l'armée, morts pour l'Empire japonais des débuts de l'ère Meiji (1868) jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Cependant, depuis 1978, sont aussi inscrits sur ses registres les noms de Japonais condamnés comme criminels de guerre par les Alliés après la reddition à laquelle a été contraint le Japon à la suite des bombardements atomiques américains de Hiroshima (6 août) et Nagasaki (9 août), qui ont fait plus de 210.000 morts.

Un sujet toujours sensible en Asie

Depuis son retour au pouvoir en décembre 2012, Shinzo Abe dépose régulièrement des offrandes au sanctuaire mais il s'est abstenu de s'y rendre un 15 août, afin de ne pas provoquer l'ire des voisins asiatiques.

Il n'y est allé qu'une fois en cinq ans et demi, en décembre 2013, pour l'anniversaire de son retour au pouvoir, mais il avait alors irrité non seulement les dirigeants de Pékin et Séoul, mais aussi le gouvernement américain qui avait exprimé sa «déception».

Quelque 3,1 millions de Japonais, parmi lesquels 800.000 civils, ont péri au cours de la guerre du Pacifique, dont les pays voisins du Japon tiennent pour responsable l'armée impériale nippone.