VIDEO. Effondrement du viaduc de Gênes: Les sauveteurs à l’œuvre toute la nuit

ITALIE Le bilan de la catastrophe, qui n'est pas encore définitif, est d'une trentaine de morts et d'une quinzaine de blessés...

20 Minutes avec AFP

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Les opérations de secours se poursuivaient dans la nuit du 14 à 15 août 2018 à Gênes pour retrouver d'éventuels survivants après l’effondrement d'un viaduc.
Les opérations de secours se poursuivaient dans la nuit du 14 à 15 août 2018 à Gênes pour retrouver d'éventuels survivants après l’effondrement d'un viaduc. — Flavio Lo Scalzo/AP/SIPA

Une course contre la montre est engagée. Les sauveteurs luttaient dans la nuit de mardi à mercredi pour tenter de trouver des survivants sous les débris du viaduc autoroutier qui s’est effondré à Gênes, dans le nord de l’Italie, tuant des dizaines de personnes. L’effondrement soudain de cet ouvrage massif, appelé pont Morandi du nom de son concepteur, a précipité véhicules et passagers dans le vide d’une hauteur de 45 mètres.

Le bilan, encore provisoire et incertain, est très lourd. Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, qui se trouvait en Sicile, a évoqué « une trentaine de morts confirmés et beaucoup de blessés graves », promettant que les responsables allaient « payer, payer tout et payer cher ». Mercredi matin, en marge d'un déplacement en Calabre, il a annoncé à la presse que le bilan s'élevait désormais à 38 morts, dont trois enfants âgés de 8 à 12 ans, et plusieurs disparus. Les secouristes ont également évacué 16 blessés, dont 12 se trouvaient dans un état grave.

« L’espoir ne cesse jamais »

A la tombée de la nuit, dans un amas impressionnant de tôles et de béton, des centaines de secouristes fouillaient les décombres du viaduc avec l’aide de chiens, à la recherche de survivants. Selon la protection civile italienne, les secours ont mobilisé un millier de personnes.

« L’espoir ne cesse jamais, nous avons déjà sauvé une dizaine de personnes sous les décombres, on va travailler 24 heures sur 24 », a déclaré à l’AFP un responsable des pompiers, Emanuele Gissi (bien Gissi). « Les opérations se poursuivent ce soir et vont durer toute la nuit », a déclaré ce responsable. « Sur certaines zones, après une première phase où les cavités ont été explorées par les personnels, nous faisons intervenir maintenant des pelleteuses pour déplacer les morceaux de béton les plus volumineux pour retrouver des victimes », a-t-il expliqué.

Un pompier français venu en renfort, Patrick Villardry, a souligné la grande difficulté de ces opérations. « Les premières victimes de surface ont été évacuées, maintenant il faut rechercher sous les décombres des bâtiments, mais il y a des milliers de tonnes de béton », a-t-il dit à l’AFP.

Problèmes structurels

Le drame s’est déroulé en fin de matinée, sous une pluie battante. Dans un énorme grondement, qui a fait craindre aux riverains un tremblement de terre, le pont Morandi s’est effondré sur plus de 200 mètres, entraînant une trentaine de voitures et plusieurs poids-lourds.

Le président Mattarella a appelé à « un examen sérieux et sévère des causes » du drame. « Aucune autorité ne pourra se soustraire à un exercice de pleine responsabilité : les familles de tant de victimes l’exigent, de même que la communauté frappée par un événement qui laissera des traces ». « Les Italiens ont droit à des infrastructures modernes et efficaces », a ajouté le président. Le ministre des Transports et des Infrastructures, Danilo Toninelli, a évoqué « une immense tragédie ».

Le pont Morandi, long de 1,18 km, est un ouvrage en béton de la fin des années 1960 qui a connu selon les experts des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien lié en particulier aux fissures et à la dégradation du béton. Selon la société italienne des autoroutes, « des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc », qui faisait l’objet « d’activités constantes d’observation et de vigilance ».

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