300 «prêtres prédateurs» accusés de pédophilie aux Etats-Unis

EGLISE Un rapport du procureur de Pennsylvanie accuse l'Eglise catholique d'avoir étouffé les affaires pendant des dizaines d'années...

20 Minutes avec AFP

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Des évêques et des cardinaux américains (illustration église catholique).
Des évêques et des cardinaux américains (illustration église catholique). — Patrick Semansky/AP/SIPA

Nouveau scandale de pédophilie dans l’Eglise catholique aux Etats-Unis. Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi a mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » et couverts par l’Eglise catholique de cet Etat, dont ont été victimes au moins mille enfants.

Le rapport final de 900 pages (pdf) qui a été rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l’enquête, indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement. Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l’un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010.

Les noms des accusés publiés

Même s’ils ne sont plus passibles de poursuites, les jurés ont également choisi de rendre publics les noms de dizaines d’hommes d’Eglise accusés de pédophilie par des éléments de l’enquête.

Le rapport évoque des agressions sexuelles dont certaines victimes présumées avaient moins de dix ans.

Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l’Eglise catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas. « Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’Eglise qui étaient leurs responsables n’ont rien fait. Durant des décennies », ont écrit les membres du jury dans le rapport publié mardi.

Loi du silence

Malgré des réformes institutionnelles, « les hauts responsables de l’Eglise ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités », poursuit le rapport. Des évêques et des cardinaux « ont, pour l’essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’Eglise catholique. »

Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l’Eglise catholique a eu fréquemment recours, d’après l’enquête.