VIDEO. Pont effondré à Gênes: Ce que l'on sait de la catastrophe du viaduc de l'A10 en Italie

CATASTROPHE D'après le gouvernement italien, au moins 35 personnes sont mortes et les secours contiuaient leurs recherches dans la nuit de mardi à mercredi pour retrouver d'éventuels survivants...

L.Gam. avec AFP

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Le viaduc Morandi s'est effondré mardi 14 août 2018 en Italie.
Le viaduc Morandi s'est effondré mardi 14 août 2018 en Italie. — Valery HACHE / AFP

Une trentaine de personnes ont été tuées mardi dans l’effondrement d’une longue portion d’un viaduc de l’autoroute A10 à Gênes, dans le nord de l’Italie, qui a précipité voitures et camions dans le vide d’une hauteur de 45 mètres, lors d’un violent orage. « Malheureusement, il y a une trentaine de morts confirmés et beaucoup de blessés graves », a déclaré le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, lors d’un point de presse à Catane (Sicile), alors que les secours continuent de fouiller les décombres.

« Ce pont, je suis passé dessus des centaines de fois, mais désormais je ferai tout pour avoir les noms des responsables passés et présents. Il est inacceptable de mourir comme ça en Italie », a-t-il martelé. La base du viaduc faisait l’objet de travaux de consolidation, selon la société italienne des autoroutes.

Que s’est-il passé ?

Le drame s’est déroulé en fin de matinée, sous une pluie battante. Dans un énorme grondement, qui a fait craindre aux riverains un tremblement de terre, le pont dit Morandi, du nom de son concepteur, s’est effondré sur plus de 200 mètres, entraînant une trentaine de voitures et plusieurs poids lourds. Des images de télévision ont montré un camion vert arrêté juste avant le trou béant du pont écroulé. Ce mardi soir, il est toujours là, à quelques mètres du trou béant.

Certains habitants, proches des lieux, ont confié à des médias italiens avoir d’abord pensé à « un tremblement de terre » en entendant le bruit assourdissant. D’autres ont raconté avoir vu la foudre s’abattre sur le pont juste avant la tragédie. Au moment du drame, les précipitations étaient intenses à Gênes. Les services météorologiques avaient émis une alerte aux orages et aux fortes pluies.

En contrebas du pont se trouvaient essentiellement des voies ferrées et une usine, dont seul le parking semble avoir été touché. L’entreprise était vide à l’approche du 15 août, jour férié, à l’exception de la présence d’une équipe de maintenance.

Où s’est passée la catastrophe ?

L’autoroute A10, dite « autoroute des fleurs », relie Gênes à Vintimille, à la frontière française. En raison du relief très accidenté de la région, entre mer et montagne, son parcours est jalonné de longs viaducs et de tunnels.

Construit entre 1963 et 1967, année de son inauguration, le pont d’une longueur de 1,2 km a été édifié avec une structure mixte, en béton armé précontraint et en béton armé ordinaire, selon le site internet ingegneri.info. Selon des experts, le pont Morandi a connu des problèmes structurels dès sa construction et faisait l’objet d’un coûteux entretien lié en particulier aux fissures et à la dégradation du béton.

Quel est le bilan humain ?

Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, actuellement en déplacement en Sicile, a parlé d’au moins une trentaine de morts et de nombreux blessés graves. Mercredi matin, des médias italiens citant des sources au sein de son ministère ont évoqué un bilan encore provisoire de 35 morts, dont trois enfants âgés de 8 à 12 ans. Les secouristes ont également évacué 16 blessés, dont 12 se trouvaient dans un état grave.

Un enfant figure parmi les morts, selon le porte-parole de l’Unicef. Et un routier tchèque de 47 ans a été blessé, a déclaré à l’AFP Tomas Kubicek, un responsable de son entreprise à Prague. « Il a le nez et quatre côtes cassés, et un poumon perforé. Son état est stable, mon collègue lui a parlé. Il est heureux d’avoir survécu », a-t-il précisé.

Anticipant un bilan élevé du nombre de victimes dans cet effondrement de pont, le plus meurtrier en Europe depuis 2001, le ministre des Transports et des Infrastructures, Danilo Toninelli, avait évoqué « une immense tragédie ».

Où en est-on ce mardi soir ?

La zone est entièrement bouclée par les forces de l’ordre, qui ne laissent entrer que les services de secours, bloquant les curieux à environ 300 mètres de distance. Non loin de là, d’autres badauds sont montés sur la terrasse d’un centre commercial pour observer les opérations et le ballet des hélicoptères des secouristes. Le parking d’un autre grand magasin à proximité est en revanche réquisitionné par les secours.

A l’intérieur de la zone de recherches, des secouristes s’activent avec des chiens, évacuant des corps sur des civières orange. Une quinzaine de personnes se tiennent tout près de la pile de pont qui s’est effondrée. Certaines portent des couvertures de survie, des femmes pleurent. Des membres d’une cellule de soutien psychologique sont sur place.

Après les fortes pluies de la matinée, le beau temps est revenu. Mais sur le site des recherches une odeur d’eaux usées plane, venue de la décharge qui se trouvait sur place ou d’une canalisation brisée.