La première exécution au fentanyl a eu lieu aux Etats-Unis

PEINE CAPITALE Le laboratoire qui fabrique ce puissant opiacé avait déposé un recours, sans succès...

20 Minutes avec AFP

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Le fentanyl est un opiacé puissant responsable de 20.000 décès par overdose en 2016 aux Etats-Unis.
Le fentanyl est un opiacé puissant responsable de 20.000 décès par overdose en 2016 aux Etats-Unis. — Rick Bowmer/AP/SIPA

Cet opiacé 50 fois plus fort que l’héroïne a tué plus de 20.000 personnes par overdose en 2016 aux Etats-Unis. Mardi, une injection létale contenant du fentanyl a été utilisée pour la première fois dans une exécution, dans le Nebraska. Le laboratoire allemand qui le fabrique avait déposé un recours pour obtenir un report, mais Carey Dean Moore, un Américain condamné à mort pour deux meurtres en 1979, a été exécuté dans la matinée.

Son décès a été prononcé à 10H47 (16h47 heure de Paris) mardi, a indiqué Scott Frakes, directeur du Département des services pénitentiaires du Nebraska. L’exécution a duré une vingtaine de minutes. « Calme et posé », selon les médias présents sur place, Carey Moore s’est tourné vers ses proches pour leur adresser ses derniers mots, « Je vous aime », à trois reprises.

On lui a ensuite administré un cocktail original de quatre substances, dont trois n’avaient encore jamais été utilisées lors d’une exécution : le sédatif diazépam, le puissant analgésique fentanyl, le relaxant musculaire cisatracurium et du chlorure de potassium, qui arrête le coeur. L’usage du fentanyl, responsable de nombreuses morts par overdose aux Etats-Unis dans le cadre de la crise des opioïdes, est particulièrement décrié.

Produit obtenu « illégalement », selon le laboratoire

Dans le but de protéger sa réputation, un laboratoire pharmaceutique allemand avait engagé une procédure judiciaire pour stopper l’exécution, affirmant que le Nebraska avait « illégalement » obtenu des produits auprès de sa société. « Fresenius Kabi ne prend pas position sur la peine capitale », mais « s’oppose à l’utilisation de ses produits à cette fin et ne vend donc pas certains médicaments aux établissements pénitentiaires », avait déclaré le laboratoire dans sa plainte au civil. Un appel rejeté par un tribunal fédéral, qui a donné lundi son feu vert à l’exécution.

Les cocktails létaux sont devenus difficiles à obtenir en raison de l’opposition du public et de la réticence, ou de l’hostilité pure et simple, des laboratoires pharmaceutiques à les vendre aux prisons pour procéder à des exécutions. Le mois dernier, un procès similaire intenté par le laboratoire pharmaceutique Alvogen a temporairement interrompu une exécution capitale dans le Nevada.

16 prisonniers ont été exécutés aux Etats-Unis depuis le début de l’année 2018, selon le Centre d’information sur la peine de mort. La moitié de ces exécutions ont eu lieu au Texas, qui n’utilise qu’une seule substance pour ses injections létales, le pentobarbital, un sédatif provoquant un arrêt respiratoire à forte dose.