Turquie: Erdogan appelle au «boycott» des appareils électroniques américains

ECONOMIE « S’ils ont des iPhones, il y a des Samsung de l’autre côté », a lancé Erdogan...

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan — AP/SIPA

Nouvel assaut turc contre les Etats-Unis sur fond de fortes tensions bilatérales. Le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce mardi que la Turquie boycotterait les appareils électroniques américains. « Nous allons appliquer un boycott contre les produits électroniques américains », a lancé le président lors d’un discours à Ankara mardi. « S’ils ont des iPhones, il y a des Samsung de l’autre côté », a-t-il ajouté.

Les produits Apple sont toutefois très utilisés en Turquie, y compris par Recep Tayyip Erdogan : lors de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, il avait lancé un appel à ses partisans via FaceTime, une application développée par Apple.

« Ne faites pas de publicité aux Etats-Unis »

La crise diplomatique entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l’Otan, a provoqué ces derniers jours un effondrement de la livre qui reprenait toutefois quelques couleurs ce mardi, malgré les déclarations virulentes de Recep Tayyip Erdogan à l'endroit des Etats-Unis. Après plusieurs mois de tensions, les relations bilatérales ont viré à l’orage le mois dernier au sujet de la détention en Turquie d’un pasteur américain, Andrew Brunson.

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre deux ministres turcs et Ankara a répliqué avec des mesures similaires. Donald Trump a ensuite annoncé vendredi le doublement des taxes à l’importation de l’acier et de l’aluminium turcs.

Les déclarations du chef de l’Etat turc font écho à un mot-dièse devenu viral sur les réseaux sociaux en Turquie lundi, #ABDyeReklamVerme, « Ne faites pas de publicité aux Etats-Unis ».

La compagnie aérienne Turkish Airlines a déclaré ce mardi qu’elle soutenait ce mouvement. « Nous avons transmis les instructions nécessaires à nos agences », a assuré sur Twitter Yahya Üstün, chargé de la presse pour l’entreprise.

Cherchant à apaiser les marchés fébriles après que la monnaie turque a chuté de 16 % vendredi, la banque centrale a annoncé lundi qu’elle fournirait toutes les liquidités dont les banques auraient besoin et prendrait les « mesures nécessaires » pour assurer la stabilité.

Le pasteur fait appel

Signe que malgré l’escalade verbale, les alliés continuent de chercher une solution à cette crise, l’ambassadeur de Turquie à Washington, Serdar Kiliç, a rencontré lundi le conseiller à la sécurité nationale de la présidence, John Bolton.

Cette grave crise entre Washington et Ankara a été provoquée par la détention pendant un an et demi puis l’assignation à résidence fin juillet du pasteur américain Andrew Brunson. Son avocat turc, Cem Halavurt, a indiqué ce mardi à l’AFP avoir fait appel de l’assignation à résidence de son client, accusé de « terrorisme » et d’espionnage. Sa première demande en ce sens avait été rejetée il y a deux semaines.

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