Afghanistan: Offensive des talibans, la bataille de Ghazni fait au moins 300 morts

CONFLIT La situation est confuse dans cette ville de l'est du pays, et l'ONU appelle à respecter les droits des civils...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats afghans patrouillent à Ghazni, le 12 août 2018, alors que les talibans mènent une offensive.
Des soldats afghans patrouillent à Ghazni, le 12 août 2018, alors que les talibans mènent une offensive. — Mohammad Anwar Danishyar/AP/SIPA

La bataille de Ghazni fait rage entre les talibans et les forces gouvernementales, et l’ONU s’inquiète du sort des civils. Les combats pour le contrôle de la ville de la 7e plus grande ville afghane, dans l’est du pays, ont fait en quatre jours au moins 100 morts au sein des forces de sécurité, près du double chez les talibans.

« Environ 100 membres des forces de sécurité ont perdu la vie, ainsi que de 20 à 30 civils », a déclaré lundi le ministre de la Défense Tariq Shah Bahrami au cours d’un point de presse. Quelque 194 talibans ont été tués et 147 blessés, a-t-il ajouté. Le gouvernement afghan affirme garder le contrôle des principaux bâtiments publics de Ghazni, située à environ deux heures de route de Kaboul. Mais des habitants décrivent des talibans déambulant dans les rues. Selon le New York Times, les talibans contrôlent également plusieurs zones rurales autour de la ville et des routes d’accès.

Les cadavres s’amoncellent

Dimanche soir, les talibans faisaient du porte-à-porte, exigeant de l’eau, du thé ou encore des brouettes pour transporter leurs blessés, a constaté un correspondant de l’AFP dans la ville. Leur porte-parole Zabiullah Mudjahid a qualifié de « sans fondement » les annonces des autorités afghanes. « Des discussions sont en cours pour la reddition » des forces afghanes, a-t-il affirmé sur Twitter.

Les réseaux téléphoniques sont pour la plupart coupés, rendant les informations difficiles à vérifier. Dans le principal hôpital de la ville, les médicaments se raréfient à mesure que les blessés arrivent. Les cadavres s’amoncellent dans cet établissement « débordé », selon la Croix-Rouge.

« Nous avons un manque de personnel soignant », a déploré Mohammad Arif Omari, un médecin de cet hôpital, ajoutant que 166 blessés, dont des femmes et des enfants, avaient été soignés depuis le début des combats dans son établissement, « presque tous blessés par des balles ou par des éclats ».

De nombreux corps gisaient, parfois dans des cercueils en bois, parfois à même le sol.

Démenti américain

Les talibans ont lancé l’assaut sur Ghazni à un moment où la pression s’accentue pour qu’ils négocient avec le gouvernement afghan afin de trouver une issue à une guerre vieille de près de 17 ans.

Un des porte-parole du contingent américain en Afghanistan a de son côté démenti une perte de contrôle, affirmant que les forces afghanes « occupent les points de contrôle clés pour maintenir la sécurité ». « La ville de Ghazni reste sous le contrôle du gouvernement afghan et les forces talibanes disparates qui demeurent dans la ville ne créent pas une menace d’effondrement », a-t-il ajouté.

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