Enregistrements secrets, livre à charge... Qui est Omarosa, l'ex-conseillère qui règle ses comptes avec Trump?

CLASH Cette candidate de téléréalité devenue conseillère du président américain affirme dans un livre qu'il est «raciste» et «dérangé»...

Philippe Berry

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L'ex-conseillère de Donald Trump, Omarosa Manigault-Newman, le 13 mars 2017 à la Maison Blanche.
L'ex-conseillère de Donald Trump, Omarosa Manigault-Newman, le 13 mars 2017 à la Maison Blanche. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Comme un ouragan, elle est surtout connue aux Etats-Unis par son simple prénom. Et depuis quelques jours, la tempête Omarosa déferle sur la Maison Blanche, avec un livre de potins qui paraît mardi et des enregistrements secrets diffusés au compte-gouttes ces derniers jours.

Virée en 2017 par le chef de cabinet de Donald Trump, cette ex-conseillère du président américain affirme que ce dernier est « raciste » et « dérangé », avec des capacités mentales « en déclin ». L’intéressé a riposté sur Twitter, attaquant « les mensonges » d’une « folle ». C’est pourtant lui qui l’a créée de toutes pièces dans l’émission The Apprentice, et qui l’a fait venir dans les coulisses du pouvoir.

Une créature « trumpienne »

Omarosa Manigault-Newman fait son apparition sur la scène médiatique en 2004 comme candidate dans la saison 1 de The Apprentice, l’émission de téléréalité de Donald Trump. Les producteurs en font rapidement la grande méchante de l’émission, celle que le public aime détester. Trump l’invite cinq ans plus tard dans la version « célébrités », puis dans une émission solo en 2010 et enfin dans le All-Star Celebrity Apprentice, en 2013. « Omarosa promet toujours beaucoup de drama, et elle tient toujours parole », tweete alors Trump.

La liaison avec la communauté afro-américaine du candidat Trump

En juillet 2016, elle rejoint la campagne de Donald Trump comme responsable de la liaison avec la communauté afro-américaine. Elle défend régulièrement le candidat, déclarant notamment sur PBS deux mois avant l’élection : « Chaque critique devra se prosterner devant Donald Trump. »

Limogée après moins d’un an

Chargée du Bureau des relations publiques, elle fait partie des 22 conseillers les mieux payés à la Maison Blanche, touchant le salaire maximum autorisé de 179.700 dollars par an (150.000 euros). Elle démissionne en décembre 2017, mais selon les médias américains, c’est le chef de cabinet de Donald Trump, John Kelly, qui la limoge après une série d’incidents – elle aurait notamment débarqué avec une quarantaine de personnes pour faire des photos à la Maison Blanche lors de son mariage, selon Politico.

Des enregistrements secrets à la Maison Blanche

Pendant ses onze mois à la Maison Blanche, elle a enregistré en secret de nombreuses conversations. Elle a notamment diffusé l’enregistrement de son licenciement, dimanche, ce qui pourrait être illégal car les appareils électroniques sont interdits dans la « Situation room ». Lundi, c’est sa conversation avec Donald Trump, au lendemain de son licenciement, qui a été diffusé. Visiblement, le président américain n’était pas au courant :

Personne ne m’a rien dit. Je n’aime pas du tout l’idée que tu partes, goddammit ! (bon sang) »

Une crédibilité discutable

Dans son livre Unhinged (Dérangé), elle affirme que le président américain souffre d’une « grave déficience mentale », avec des capacités en déclin qui expliqueraient une interview confuse dans laquelle il a semblé s’incriminer après le limogeage du patron du FBI James Comey. Surtout, Omarosa l’accuse d’être « raciste ». Selon elle, il existerait un enregistrement des coulisses de The Apprentice dans lequel Donald Trump emploierait à plusieurs reprises le mot « nigger » (nègre). Dans le livre, elle dit ne pas avoir entendu elle-même les propos mais qu’ils lui ont été rapportés par trois sources différentes. Sauf que le sondeur républicain Frank Luntz, qui serait une source indirecte, a catégoriquement démenti sur Twitter : « Non seulement c’est faux (je n’ai jamais entendu cela) mais elle ne m’a même pas appelé pour vérifier. Travail bâclé ».

Ces rumeurs ne sont pas nouvelles. Juste avant l’élection, des anciens de l’émission avaient affirmé qu’il existait des enregistrements « bien pires » que celui d’Access Hollywood sur les femmes. Mais selon BuzzFeed, le producteur de The Apprentice, Mark Burnett, est un soutien farouche de Donald Trump et aurait menacé tout le monde de poursuites judiciaires en cas de fuites. Que ses accusations soient vraies ou pas, Omarosa a déjà gagné : son livre se trouve en 8e position des meilleures ventes sur Amazon.

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