L'agent qui avait envoyé des SMS anti-Trump à sa maîtresse licencié par le FBI

ETATS-UNIS Le président américain s'est réjoui du limogeage de Peter Strzok...

P.B. avec AFP

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L'arrivée de l'agent du FBI Peter Strzok au Congrès américain, le 12 juillet 2018.
L'arrivée de l'agent du FBI Peter Strzok au Congrès américain, le 12 juillet 2018. — Evan Vucci/AP/SIPA

« Il ne va pas être président, hein ? Hein ? », lui avait demandé son amante, elle-même employée du FBI, dans un SMS envoyé tard le soir en août 2016. « Non. Non. On va l’en empêcher », avait-il répondu. Lundi, l’agent spécial du FBI Peter Strzok, qui avait notamment participé aux enquêtes sur Hillary Clinton et Donald Trump, a été limogé, à la grande satisfaction du président américain.

« Enfin, l’agent Peter Strzok a été viré. La liste des ripoux au FBI et au DOJ (le ministère de la Justice) ne fait que s’allonger. Et-ce qu’on va laisser tomber la Chasse aux Sorcières du fait que Strzok en avait la charge ? » s’est interrogé le président, qui décrit ainsi l’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016 mais surtout sur une possible collusion avec la campagne de Donald Trump.

Aitan Goelman, l’avocat de l’agent Strzok, a indiqué que l’homme qui avait servi au FBI pendant 21 ans avait été limogé vendredi par le directeur adjoint de la police fédérale, David Bowdich. Une enquête externe avait pourtant conclu qu’il n’y avait pas eu de faute grave, et un rapport interne du FBI avait recommandé une simple suspension de 60 jours.

Liens avec l’enquête de Robert Mueller

L’agent lui-même s’est vigoureusement défendu d’avoir laissé ses opinions personnelles influer sur l’exécution de sa mission au sein du FBI. Lors de son audition devant une Commission du Congrès, il avait affirmé que son message « On va l’en empêcher » faisait référence aux « électeurs américains », et pas à une opération secrète du FBI chargée de faire dérailler la candidature du candidat républicain. La preuve, selon Strzok, c’est qu’il lui aurait suffi d’un coup de téléphone à un journaliste pour faire fuiter qu’une enquête visait Donald Trump avant le scrutin. Mais l’information est restée secrète jusqu’au bout – alors que l’enquête visant Hillary Clinton avait été rendue publique.

Si Donald Trump critique aussi souvent l’ex-agent du FBI, c’est parce que le procureur spécial Robert Mueller, qui a repris l’enquête du FBI sur une possible collusion avec la Russie, avait recruté Peter Strzok dans son équipe. Mais il l’a écarté deux mois plus tard, quand il a appris l’existence des fameux SMS. Mais pour le président américain, sa simple présence jette le doute sur l’impartialité de l’enquête.