Turquie: Erdogan accuse Washington de vouloir frapper Ankara «dans le dos»

GUERRE ECONOMIQUE La crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis a franchi un palier supplémentaire...

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan — KAYHAN OZER / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

Alors que la livre turque plonge, le président Recep Tayyip Erdogan, a accusé ce lundi les Etats-Unis de chercher à frapper la Turquie « dans le dos ». « D’un côté, vous êtes avec nous dans l’Otan et, de l’autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ? », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours à Ankara.

« D’un côté, vous dites être notre partenaire stratégique et, de l’autre, vous nous tirez dans les pieds », a-t-il également déclaré.

Allié d’un côté, ennemi de l’autre

La Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l’Otan, traversent une crise diplomatique liée notamment à l’arrestation par Ankara d’un pasteur américain, Andrew Brunson, accusé d'«  espionnage » et de « terrorisme ».

Exigeant sa libération, Washington a imposé début août des sanctions inédites contre deux ministres turcs. Ankara a répliqué. Ces tensions ont accéléré la chute de la livre turque dont la valeur a fondu de plus de 40 % depuis le début de l’année.

Vendredi, la crise diplomatique a franchi un palier supplémentaire lorsque Donald Trump a annoncé qu’il donnait son accord pour le doublement des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs, envoyant la livre turque par le fond. « Tout président que tu sois, tu ne peux pas t’endormir et dire, au réveil, "voilà, j’impose tant de taxes sur l’acier et l’aluminium" » turcs, a lancé Recep Tayyip Erdogan.

Erdogan tente de rassurer les milieux économiques

« Adopter une attitude aussi hostile à l’encontre d’un allié au sein de l’Otan (…) n’a aucune explication sensée », a déclaré le chef de l’Etat turc, qui s’est aussi efforcé de rassurer les milieux économiques. « "Touché, coulé", il n’y a rien de tel. Les dynamiques économiques de la Turquie sont solides, elles sont fortes et bien ancrées », a-t-il déclaré, répétant que les turbulences financières étaient selon lui dues à des « opérations ».

Outre les tensions avec Washington, les marchés s’inquiètent de la politique économique d’Ankara et notamment du refus de la banque centrale turque d’élever ses taux d’intérêt pour soutenir la livre et juguler une inflation galopante.

Dans son discours lundi, Recep Tayyip Erdogan a également vivement attaqué certains internautes accusés de poster sur les réseaux sociaux des commentaires destinés à nuire à l’économie turque. « Sur les réseaux sociaux, il y a de nombreux terroristes économiques. Notre appareil judiciaire est passé à l’action. Nous leur infligerons le châtiment qu’ils méritent là où nous les attraperons », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué lundi qu’il enquêtait sur près de 350 internautes soupçonnés d’avoir partagé des commentaires relevant de la « provocation » sur la chute de la livre turque.

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