Irak: La liste du nationaliste Moqtada Sadr en tête des législatives après le recomptage

ELECTION Reste à voir quelle coalition émergera, alors qu'aucun parti n'a la majorité...  

20 Minutes avec AFP

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Des partisans de Moqtada Sadr fêtent la victoire de sa liste aux législatives irakiennes, le 14 mai 2018.
Des partisans de Moqtada Sadr fêtent la victoire de sa liste aux législatives irakiennes, le 14 mai 2018. — Hadi Mizban/AP/SIPA

Les résultats sont presque les mêmes. L'alliance du nationaliste Moqtada Sadr et des communistes a confirmé sa première place avec 54 sièges aux élections législatives irakiennes du 12 mai après le recomptage manuel décidé en juin par la Cour suprême en raison de soupçons de fraude, a annoncé vendredi commission électorale.

L'unique changement à l'issue du décompte manuel concerne l'Alliance de la Conquête, regroupement d'anciens combattants anti-jihadistes proches de l'Iran, qui a gagné un siège au détriment d'une liste locale à Bagdad. Elle maintient sa seconde position avec 48 sièges au lieu de 47, a précisé dans un communiqué la Commission composée de neuf juges.

La liste du Premier ministre Haider al-Abadi reste en troisième position avec 42 sièges, suivie de celle du laïc Iyad Allawi, qui compte de nombreuses figures sunnites (21 sièges) et celle de la liste de Hikma du dignitaire chiite Ammar al-Hakim (19 sièges).

Vers une coalition

En raison du système électoral à la proportionnelle, aucune liste ne peut à elle seule obtenir la majorité absolue. Des alliances doivent donc se nouer pour obtenir la majorité des 329 sièges du nouveau Parlement.

La Cour suprême doit désormais proclamer les résultats définitifs puis le président de la République sortant a quinze jours pour convoquer le nouveau Parlement, qui doit élire un nouveau chef de l'Etat qui choisira un Premier ministre au sein de la coalition majoritaire.

Pour la première fois depuis l'instauration du multipartisme en 2005, après la chute du dictateur Saddam Hussein, et la conquête du pouvoir par les chiites, majoritaires en Irak, les partis de cette communauté se sont présentés en ordre dispersé aux législatives du 12 mai.

L'Iran à la manoeuvre

Moqtada Sadr, qui avait multiplié les signes d'indépendance face à l'Iran, allant même jusqu'à effectuer une visite en Arabie saoudite, grand rival de Téhéran, a emporté les élections à la tête d'une alliance inédite avec les communistes.

L'influent général Ghassem Soleimani, émissaire iranien régulièrement impliqué dans les affaires irakiennes, a tout d'abord tenté de constituer une coalition sans Sadr. Mais, ayant réalisé qu'il était difficile à écarter, Téhéran cherche désormais à l'inclure dans un vaste alliance chiite pour le neutraliser.

 

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