Fukushima: L'exploitant de la centrale met fin à la vente d'objets souvenirs, jugée choquante

JAPON Tepco, l'exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima ravagée par un tsunami en mars 2011, a cessé de commercialiser des objets souvenirs des lieux, quelques jours après leur lancement...

20 Minutes avec AFP

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Une vue de la centrale nucléaire de Fukushima, plus de six ans après la catastrophe.
Une vue de la centrale nucléaire de Fukushima, plus de six ans après la catastrophe. — Kota Kawasaki/AP/SIPA

Les « objets souvenirs » de la centrale nucléaire de Fukushima (Japon) ne seront pas restés commercialisés bien longtemps. Tokyo Electric Power (Tepco), l’exploitant du site devenu célèbre après la catastrophe provoquée par un tsunami le 11 mars 2011, a en effet décidé mercredi de suspendre la commercialisation de ces pochettes en plastique ornées de photos de la centrale.

Mises en vente le 1er août dans une supérette locale, elles étaient vendues 300 yens (2,30 euros) par lot de trois. Selon un porte-parole de l’entreprise, l’initiative visait à répondre à la demande de travailleurs et visiteurs des lieux, alors que certains gardaient les reçus de la boutique en guise de souvenir pour les montrer à leurs proches.

« Des objets souvenirs ? Cela met mal à l’aise »

Nombre d’internautes avaient exprimé leur indignation face à une telle pratique sur les réseaux sociaux. « Des objets souvenirs ? Cela met mal à l’aise », a notamment réagi sur Twitter un internaute surnommé « Happy », ex-travailleur de la centrale pendant des années et auteur d’un ouvrage sur les coulisses de la gestion post-accident. Un autre, cité par la chaîne de télévision NHK, juge l’initiative déplacée à l’égard des centaines de milliers d’habitants évacués après la catastrophe. « Je me demande ce que les gens forcés de quitter [la région] en penseraient. »

Tepco se défend toutefois d’avoir arrêté leur commercialisation pour cette raison. « C’est vrai que nous avons reçu des critiques, mais cela n’est pas la raison pour laquelle nous avons suspendu les ventes » a ainsi assuré son représentant.

L’entreprise poursuit depuis quelque temps une politique de « normalisation » autour de la centrale – victime du pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl en avril 1986. Elle organise notamment des visites gratuites des lieux à destination des résidents ou de groupes scolaires, et a relancé des publicités télévisées et des affiches dans les trains pour mettre en avant ses services.