Procès de Paul Manafort: L'ex-directeur de campagne de Trump accablé par un témoin clé

ETATS-UNIS Son adjoint, Rick Gates, a affirmé qu'ils ont participé à des activités criminelles lors de leur consulting en Ukraine...  

20 Minutes avec AFP

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L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018.
L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018. — Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

On passe aux choses sérieuses. Richard Gates, témoin clé dans le procès de Paul Manafort, a accablé l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, lundi. Il a reconnu qu’ils s’étaient entendus pour cacher des millions de dollars dans des banques à l’étranger afin d’éviter le fisc américain. L’affaire, qui date de leurs années de lobbying en Ukraine entre 2006 et 2015, n’est pas liée à la campagne du président américain, elle pourrait toutefois pousser Manafort à collaborer avec la justice américaine dans l’enquête sur les soupçons de collusion avec la Russie.

A la barre dans une salle d’audience comble, a aussi admis avoir volé des centaines de milliers de dollars à son ancien patron Paul Manafort pendant la décennie où les deux hommes travaillaient ensemble en tant que consultants politiques. Richard Gates, 46 ans, qui coopère avec le procureur Robert Mueller depuis qu’il a accepté de plaider coupable en février, en échange d’une peine de prison plus clémente, a pris la parole au cinquième jour du procès de Manafort pour fraudes et blanchiment d’argent à Alexandria, en Virginie, près de la capitale fédérale.

Des activités criminelles ? « Oui »

Paul Manafort, 69 ans, est le premier à se retrouver mis sur le banc des accusés par l’équipe de Robert Mueller, procureur spécial chargé d’enquêter sur les soupçons d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de novembre 2016, qui empoisonne le mandat de Donald Trump.

Mais Manafort est jugé sur des faits présumés antérieurs à son passage à la tête de l’équipe Trump, entre mai et août 2016. Il est accusé de blanchiment d’argent, fraudes fiscale et bancaire sur des millions de dollars tirés de ses activités de lobbyiste pour l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, qu’il n’a pas déclarés au fisc.

Son ex-associé Richard Gates a répondu "oui" lorsque le procureur Greg Andres lui a demandé s’il avait participé à des activités criminelles avec Paul Manafort. Il a raconté avoir assisté Paul Manafort pour remplir de fausses déclarations de revenus et cacher l’existence de 15 comptes bancaires à l’étranger, la plupart à Chypre. L’ancien consultant politique a estimé que les sommes en question représentaient "plusieurs millions de dollars" au fil des années où la paire a travaillé pour des campagnes politiques en Ukraine.

Une possible collusion pas abordée

Mais la question cruciale d’une possible collusion entre des membres de la campagne Trump et Moscou ne devrait pas être abordée pendant ce procès. Richard Gates, qui était aussi membre de l’équipe de campagne Trump, est attendu une nouvelle fois à la barre mardi. Risquant déjà de passer le restant de ses jours en prison, Paul Manafort devra affronter un second procès en septembre, toujours dans le cadre de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller.

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