VIDEO. Disparition d’une touriste française au Japon: «Elle n'aurait pas laissé ses proches dans le doute»

JAPON Plusieurs membres de la famille de Tiphaine Véron, la touriste française portée disparue au Japon depuis fin juillet, se sont rendus sur place pour suivre l'enquête...

A Tokyo, Mathias Cena

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Tiphaine Véron a disparu le 29 juillet à Nikko, au nord de Tokyo.
Tiphaine Véron a disparu le 29 juillet à Nikko, au nord de Tokyo. — Handout / COURTESY OF SIBYLLE VERON / AFP

Les recherches continuent au Japon, neuf jours après la disparition de Tiphaine Véron. La touriste française de 36 ans, arrivée dans le pays le 27 juillet, est descendue le lendemain dans un hôtel de Nikko (à 125 km au nord de Tokyo), ville très prisée des touristes pour sa concentration de temples bouddhistes et de sanctuaires shinto. Elle a quitté son hôtel le 29 au matin après le petit déjeuner, semble-t-il pour visiter les lieux, et n’a plus donné de nouvelle depuis.

Samedi, plusieurs membres de la famille de Tiphaine sont arrivés à leur tour à Nikko, d'où ils suivent l’avancée des recherches, distribuent des tracts, collent des affiches et répondent aux médias, japonais et français. « Ils sont venus sur place car ils ont aussi envie que ça avance en y mettant du leur », explique à 20 Minutes Emmanuelle Le Falher, la cousine de Tiphaine.

Restée en France, elle aide à coordonner les informations, diffuse des messages sur les réseaux sociaux et reste en contact avec tous les proches. « On discute pas mal par Whatsapp pour informer notre famille en privé ou pour échanger sur les démarches et la logistique, pour centraliser les informations. » Une aide précieuse pour les membres de la famille sur place : « Grâce à ses relais d’avis sur les réseaux sociaux, nous avons pu contacter ce [lundi] soir un couple de Français qui a discuté avec notre sœur samedi 28 et nous a fait part de ses projets de visite pour le lendemain », signale Sibylle Véron, la sœur de Tiphaine, qui a fait le voyage avec ses deux frères et son compagnon.

« Des témoins n’ont jamais été contactés »

La famille regrette que ces pistes ne leur paraissent pas toujours prises au sérieux par les enquêteurs. « Des témoins comme un couple d’Allemands que Tiphaine a rencontrés le 29 juillet [jour de sa disparition] au matin n’ont jamais été contactés, regrette Emmanuelle. Elle leur avait dit avoir changé ses plans par rapport à la veille. »

Les proches de la touriste française disent aussi s’inquiéter d’un manque de moyens : « Tiphaine était dans un hôtel pas très loin d’une rivière qu’elle avait prévu d’aller voir mais ils n’ont pas pu envoyer de plongeurs, disant que c’était trop dangereux », signale Emmanuelle. Le téléphone de la jeune femme n’aurait pas non plus pu être géolocalisé car la jeune femme est majeure, et qu’une autorisation serait nécessaire.

En parallèle de l’enquête, la famille continue donc à répondre aux sollicitations des médias japonais, qui ont largement relayé l’affaire. « C’est d’une grande aide pour nous car on aimerait tellement pouvoir la retrouver, que ça atteigne une cible, un témoin qui aurait pu la croiser… Il y a des gens qui l’ont vue, elle leur semblait en bonne santé. »

«Méticuleuse», elle avait « bien préparé son voyage »

La jeune femme est en effet sujette à des crises d’épilepsie, pour lesquelles elle porte toujours un traitement sur elle. « Ce jour-là elle était partie avec ses médicaments, mais on ne sait pas pour combien de jours elle en avait », explique Emmanuelle. Tiphaine Véron avait également un message rédigé en japonais pour donner des indications aux passants en cas de crise.

Cette auxiliaire de vie dans un établissement scolaire de Poitiers se rendait au Japon pour la deuxième fois, et avait « bien préparé son voyage », selon ses proches. « Elle est vraiment très méticuleuse, note Emmanuelle. Il était prévu qu’elle donne des nouvelles régulières. Elle devait dire dans quel secteur elle était, envoyer des messages pour savoir comment ça allait. Ce n’était pas pour la fliquer mais vraiment pour s’assurer qu’elle allait bien. » La famille, qui n’a plus eu de nouvelle depuis le 28 juillet, a ensuite été prévenue par l’ambassade de France de la disparition de Tiphaine.

Piste criminelle ou accidentelle, les enquêteurs n’écartent aucune hypothèse à ce stade. La famille, de son côté, dit ne pas croire à une disparition volontaire. « Ce n’est pas quelqu’un qui aurait laissé ses proches dans le doute, assure Emmanuelle. Elle n’est pas comme ça, Tiphaine. Elle est vraiment soucieuse de sa famille, elle est adorable. C’est pour ça que c’est d’autant plus alarmant. »

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