VIDEO. Ce que l’on sait de la tentative d’attentat au Venezuela

VENEZUELA Samedi, le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé son homologue colombien Juan Manuel Santos d’être responsable d’un attentat contre lui à Caracas, commis selon les autorités vénézuéliennes avec des drones chargés d’explosifs…

H.S. avec AFP

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La cérémonie présidée par le président Nicolas Maduro a été interrompue après une série d'explosions audibles sur plusieurs vidéos.
La cérémonie présidée par le président Nicolas Maduro a été interrompue après une série d'explosions audibles sur plusieurs vidéos. — JUAN BARRETO / AFP
  • Nicolas Maduro a accusé son homologue colombien Juan Manuel Santos d’être responsable d’un attentat contre lui samedi à Caracas.
  • L’attaque aurait été commise, selon les autorités vénézuéliennes, avec des drones chargés d’explosifs.
  • « Aujourd’hui on a essayé de m’assassiner », a déclaré M. Maduro lors d’une intervention radiotélévisée.

Que s’est-il passé samedi 4 août à Caracas ? Selon les autorités vénézuéliennes, le président Nicolas Maduro aurait été la cible d’un attentat lors d’une cérémonie rassemblant des centaines de militaires.

De nombreuses images circulent depuis sur les réseaux sociaux, sur lesquelles on perçoit distinctement une explosion. Mais les informations parvenant du Venezuela restent pour l’heure parcellaires. Revendications, bilans, accusations, 20 Minutes fait le point.

  • Quelles informations donnent les autorités ?

« Aujourd’hui on a essayé de m’assassiner », a déclaré Nicolas Maduro lors d’une intervention radiotélévisée, ajoutant : « un objet volant a explosé devant moi ». Selon lui, « une seconde explosion » a ensuite eu lieu. En pleine allocution, après une détonation, M. Maduro, son épouse Cilia Flores et les hauts gradés qui les entouraient sur une estrade ont regardé vers le ciel, l’air surpris et inquiet. « Abrite-toi, abrite-toi ! », lance alors un membre de l’escorte présidentielle à M. Maduro, qui répond : « Allons à droite ! ».

Après quoi la caméra a montré plusieurs centaines de soldats en train de rompre soudainement les rangs et de se mettre à courir sur l’avenue où se déroulait l’événement, dans une certaine confusion. La télévision d’Etat a ensuite coupé la retransmission. Les explosions ont « causé des blessures à sept membres » de la Garde nationale bolivarienne qui étaient déployés sur le lieu de la cérémonie militaire, a indiqué de son côté M. Rodriguez.

  • Quand a eu lieu l’attaque et a-t-elle été revendiquée ?

L’attaque se serait déroulée samedi à Caracas lors d’une cérémonie organisée à l’occasion du 81e anniversaire de la garde nationale. Un mystérieux groupe rebelle qui serait composé de civils et de militaires a revendiqué l’action, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

« Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n’aient pas de médicaments, que la monnaie n’ait plus de valeur, que le système éducatif n’enseigne plus rien et ne fasse qu’endoctriner avec le communisme », assure ce texte. Celui-ci est signé du « Mouvement national des soldats en chemise », jusque-là inconnu.

Pourtant, Nicolas Maduro a immédiatement accusé son homologue Colombien : « Je n’ai pas de doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a-t-il assuré. Dans le même discours, il a promis une « punition maximale » à l’encontre des auteurs de l’attaque. « Il n’y aura pas de pardon », a-t-il assuré.

Dans la journée de dimanche, six « terroristes » accusés d’avoir voulu viser le président vénézuélien Nicolas Maduro ont été arrêtés. « Nous avons jusqu’à présent six terroristes et tueurs à gages arrêtés, plusieurs véhicules saisis ; des perquisitions ont eu lieu dans divers hôtels de la capitale, où des preuves accablantes ont été découvertes », a déclaré le ministre de l’Intérieur Nestor Reverol, à propos de ces interpellations, annoncées dès samedi soir, mais dont ni le nombre, ni les circonstances n’étaient connus.

  • Comment réagissent les Etats étrangers ?

A Bogota, le gouvernement colombien a catégoriquement rejeté l’accusation formulée par Nicolas Maduro, la qualifiant d'« absurde ». Côté américain, le conseiller à la Maison Blanche a assuré qu'« aucune participation du gouvernement américain » n’était en cause dans cette affaire.

Allié de Nicolas Maduro, Cuba a été un des premiers pays à réagir, exprimant son « entière solidarité » au président vénézuélien face à cette « tentative d’attentat ». La Russie a également condamné l’attaque via le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « Nous considérons qu’utiliser des méthodes terroristes comme moyen de lutte politique est catégoriquement inacceptable », précise-t-il.

Sur Twitter, l’ancien président de la république islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a également réagi en accusant Donald Trump d’encourager le terrorisme et en appelant Nicolas Maduro à rester « en sécurité ». De son côté, le gouvernement espagnol a condamné dimanche « tout type de violence à des fins politiques » : « Concernant les faits violents qui se sont produits hier à Caracas (…) le gouvernement espagnol réitère sa condamnation ferme de l’utilisation de tout type de violence à des fins politiques », déclare le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

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