Zimbabwe: Trois morts après l'annonce contestée de la victoire du parti au pouvoir

ZIMBABWE L'armée a ouvert le feu sur des partisans de l'opposition qui dénoncent des fraudes lors des scrutins de lundi...

20 Minutes avec AFP

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Des supporters de l'opposition manifestent à Harare, le 31 juillet 2018.
Des supporters de l'opposition manifestent à Harare, le 31 juillet 2018. — MARCO LONGARI / AFP

Des violences opposant forces de l’ordre et partisans de l’opposition ont fait trois morts mercredi à Harare, après l’annonce contestée de résultats partiels des premières élections au Zimbabwe depuis la chute de Robert Mugabe, au pouvoir pendant près de quarante ans.

Les Etats-Unis, qui se sont dits « profondément inquiets », ont appelé dans la soirée l’armée « à faire preuve de retenue quand elle disperse les manifestants ». L’ancienne puissance coloniale britannique a également appelé au « calme et à la retenue » et exhorté « les leaders politiques à assumer leurs responsabilités… à ce moment critique », et pour l’ONU qui a pressé le gouvernement et l’opposition à rejeter « toute forme de violence ».

Au moins un manifestant tué par les tirs à balle réelle des militaires

La police a confirmé « la mort regrettable de trois personnes pendant les émeutes et la mêlée » dans le centre de la capitale Harare. Mais en soirée, le ministre de l’Intérieur, Obert Mpofu, a averti que son gouvernement « ne tolérera pas » la contestation de l’opposition dans la rue et s’est engagé à réprimer de nouvelles manifestations.

Au moins un manifestant a été tué par les tirs à balle réelle des militaires. Un homme touché à l’estomac a ainsi succombé à ses blessures, a constaté un photographe de l’AFP. Auparavant, la police avait fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour tenter de disperser la foule massée devant des bureaux temporaires de la commission électorale, qui a riposté à coups de pierre.

Sans majorité absolue, un second tour aura lieu le 8 septembre

Selon les résultats publiés par la commission électorale (ZEC), sur 205 des 210 circonscriptions du pays, la Zanu-PF obtient 144 sièges, ce qui lui assure la majorité à la chambre basse, tandis que le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) rafle 61 sièges. Les résultats officiels de la présidentielle, opposant Emmerson Mnangagwa et le leader de l’opposition Nelson Chamisa, ne sont pas encore connus, mais ce dernier a affirmé qu’ils étaient en train d’être truqués.

Les scrutins de l’ère Mugabe ont été régulièrement entachés de fraude et de violences. Son successeur et ancien bras droit, Emmerson Mnangagwa, avait promis des élections justes, pacifiques et transparentes et invité des observateurs occidentaux, une première en 16 ans. Les observateurs de l’Union européenne (UE) ont dénoncé « l’inégalité des chances » entre les candidats et des « intimidations d’électeurs », tout en soulignant que le climat politique s’est « amélioré » au Zimbabwe.

De premiers résultats partiels de la présidentielle, qui se joue essentiellement entre Emmerson Mnangagwa et Nelson Chamisa, devaient être annoncés mercredi, mais ne l’ont pas été. Sans majorité absolue au premier tour, les deux candidats s’affronteraient alors au second tour le 8 septembre.