Espagne: Attention avec cette vidéo montrant des vendeurs à la sauvette attaquer des policiers

FAKE OFF En 2013, des vendeurs à la sauvette lancent des chaises sur la police à Torrevieja. La vidéo de l'affrontement refait surface sur les réseaux sociaux...

Mathilde Cousin

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Une vidéo de 2013 a été repartagée hors contexte sur des comptes proches de l'extrême-droite.
Une vidéo de 2013 a été repartagée hors contexte sur des comptes proches de l'extrême-droite. — Capture d'écran Twitter et montage 20 Minutes
  • En 2013, des vendeurs à la sauvette lancent des chaises contre des policiers après l’arrestation de quatre vendeurs à Torrevieja, en Espagne.
  • La scène, violente, a été filmée.
  • La vidéo refait surface cet été, partagée par des comptes proches de l’extrême-droite, qui remettent en cause l’action de l’actuel gouvernement socialiste espagnol.

Des vendeurs à la sauvette qui s’emparent de chaises et les jettent sur une voiture de police. La scène, violente, a été filmée et diffusée il y a cinq ans dans les médias espagnols. Elle refait surface cette semaine, partagée par des comptes Twitter et Facebook proches de l’extrême-droite.

C’est le compte Twitter Onlinemagazin qui semble être le premier à partager la vidéo dimanche, à 19 h 41. « #Espagne : Quel endroit idyllique que le bord de mer de #Torrevieja, où des migrants illégaux africains attaquent et jettent des chaises sur des policiers espagnols, et que font les policiers ? Ils restent anxieux et passifs ! Quelle honte (…) », écrit l’administrateur du compte, un ancien soldat allemand âgé d’une cinquantaine d’années, selon l'agence AP. Cet administrateur ne précise pas que la vidéo date d’il y a cinq ans. Ce compte Twitter poste régulièrement des vidéos anti-immigration.

Ce compte semble être le premier a avoir repartagé cette vidéo vieille de cinq ans.
Ce compte semble être le premier a avoir repartagé cette vidéo vieille de cinq ans. - Capture d'écran Twitter

Dans les réponses au tweet, plusieurs internautes signalent que la vidéo n’est pas nouvelle. Malgré ces interpellations, l’administrateur du compte n’a pas supprimé son tweet ou publié de rectifications.

La vidéo est reprise deux heures plus tard par le compte francophone d’extrême-droite KimJongUnique, avec une attaque contre le gouvernement de Pedro Sanchez : « A Torrevieja, en Espagne, des clandestins attaquent des policiers avec des chaises de restaurants de front de mer. Ils savent bien ce qu’est un gouvernement socialiste et ce que l’on peut se permettre avec lui. » La diatribe est retweetée 1.200 fois.

Ce compte accuse à tort le gouvernement socialiste espagnol.
Ce compte accuse à tort le gouvernement socialiste espagnol. - Capture d'écran Twitter

Dans la foulée, c’est le compte Voice of Europe, qui se définit comme « un réseau conservateur d’informations », qui reprend la vidéo, en attaquant là aussi le gouvernement espagnol : « Voici le résultat de l’importation de milliers de migrants par le gouvernement socialiste espagnol ». Là encore, aucune source n’est mentionnée pour la vidéo.

L'attaque contre le gouvernement espagnol a été reprise sur ce compte.
L'attaque contre le gouvernement espagnol a été reprise sur ce compte. - Capture d'écran Twitter

La vidéo finit par être partagée sur Facebook à 22 h 33 par la page « En cause », vitrine d’un site web consacré aux faits divers et à la politique. La vidéo est ensuite partagée 2 200 fois par des internautes, bien qu’elle manque de contexte.

La vidéo est apparue sur Facebook dimanche soir.
La vidéo est apparue sur Facebook dimanche soir. - Capture d'écran Facebook

 

FAKE OFF

Si la vidéo a bien été tournée dans la ville portuaire espagnole de Torrevieja, la confrontation entre les vendeurs à la sauvette et les forces de l’ordre a eu lieu en juillet 2013, selon plusieurs médias  espagnols. Le premier ministre de l’époque n’était pas un socialiste : il s’agissait de Mariano Rajoy, un conservateur.

L’affrontement a eu lieu après une opération contre la vente illégale de contrefaçons au cours de laquelle quatre vendeurs avaient été arrêtés, rapporte El País.

D'après la presse locale, sept policiers ont été blessés et des voitures de police ont été endommagées. En 2017, trois vendeurs ont été condamnés pour ces faits à neuf mois de prison et à indemniser les policiers touchés.

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