VIDEO. Trump, Russie, affaire Karachi... Paul Manafort, un homme d'influence face à la justice

ETATS-UNIS L'ancien lobbyiste, qui a dirigé la campagne de Donald Trump pendant quatre mois, est accusé de fraude fiscale et de blanchiment d'argent...

Philippe Berry

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L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018.
L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018. — Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Plus de 500.000 dollars pour des costumes sur-mesure, 1 million pour des tapis persans, de l’art et des voitures de luxe, sans compter trois propriétés achetées à New York et en Virginie pour plus de 5 millions de dollars… Le premier procès de l’ancien lobbyiste Paul Manafort a démarré près de Washington, mardi, avec la sélection du jury. Si les accusations de fraude fiscale et de blanchiment d’argent ne sont pas liées à son rôle de directeur de campagne de Donald Trump, l’ombre du président américain et les soupçons de collusion avec la Russie devraient quand même planer sur l’audience.

Ukraine, Afrique et même France

Paul Manafort a démarré sa carrière comme bénévole sur la campagne de Gerald Ford en 1976. Avec son compère Roger Stone – qui est inquiété pour ses liens avec WikiLeaks et pour avoir échangé des messages avec des agents russes – Manafort devient l’un des lobbyistes les plus influents de Washington au début des années 80. On le retrouve ensuite aux quatre coins du monde, du Zaïre à l’Angola en passant par la France – il est cité comme témoin dans l’affaire Karachi.

Mais ce sont ses années passées à promouvoir les intérêts russes en Ukraine auprès du président Viktor Ianoukovitch et de son parti, entre 2006 et 2015, qui intéressent la justice américaine. Manafort est accusé d’avoir blanchi plus de 30 millions de dollars via un système complexe de comptes offshore, et d’avoir échappé au Fisc américain (l’IRS). A 69 ans, il pourrait passer le reste de sa vie derrière les barreaux s’il est condamné.

L’intermédiaire avec la Russie ?

Le bureau du procureur Robert Mueller a indiqué que ce procès ne ne pencherait pas sur la question d’une éventuelle collusion entre la campagne de Donald Trump et la Russie. Paul Manafort a exercé la fonction de campaign manager pendant quatre mois mi-2016, à un moment crucial, pendant la Convention républicaine de Cleveland.

Ce premier épisode judiciaire devrait toutefois permettre de faire l’état des lieux de tous les liens de Paul Manafort avec Moscou. Ses activités de lobbying en Ukraine étaient notamment financées par l’oligarque russe Oleg Deripaska. Selon le Washington Post, Manafort lui devait de l’argent et avait notamment proposé par email de briefer l’industriel sur la campagne de Donald Trump.

Alors que son adjoint Richard Gates collabore avec le procureur et devrait être appelé à la barre comme témoin, Paul Manafort a refusé de passer un accord avec la Justice. Certains observateurs estiment qu’il espère bénéficier d’une grâce présidentielle en cas de condamnation, mais le coût politique pour Donald Trump serait extrêmement élevé.

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