Migrants: Trump loue la «fermeté» de Giuseppe Conte à la frontière

DIPLOMATIE Le président américain a reçu le Premier ministre italien à la Maison Blanche, lundi...

20 Minutes avec AFP

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Le président américain Donald Trump et le Premier ministre italien Giuseppe Conte à la Maison Blanche, le 30 juillet 2018.
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre italien Giuseppe Conte à la Maison Blanche, le 30 juillet 2018. — Evan Vucci/AP/SIPA

C’est un tête-à-tête entre populistes. Donald Trump a accueilli lundi à la Maison Blanche le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, un dirigeant européen populiste avec lequel il partage des affinités, notamment sur l’immigration, le commerce et la Russie.

« C’est un homme qui fait un travail formidable », a estimé dans le Bureau ovale le président des Etats-Unis, saluant la politique migratoire de Conte. « Je sais qu’il a une position très ferme à la frontière », a poursuivi Donald Trump. « Beaucoup d’autres pays en Europe devraient faire pareil », a estimé le locataire de la Maison Blanche, volontiers critique à l’égard de l’Union européenne, avant un premier entretien en tête-à-tête qui devait être suivi de discussions bilatérales élargies aux délégations.

Pression du patron de la Ligue

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique doit lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-présidents du Conseil qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement : Luigi Di Maio, chef des antisystèmes du Mouvement 5 Etoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite. Mais ce dernier, à l’origine de la fermeté affichée par Rome sur l’immigration, a une nouvelle fois fait parler de lui dimanche en postant sur Facebook, le jour de l’anniversaire de la naissance de Benito Mussolini, une phrase souvent prononcée par le dictateur fasciste -- « beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur ».

Amis de la Russie

Autre point commun entre Trump et Conte : les deux hommes sont favorables à de meilleures relations avec la Russie. Au Canada, le président américain avait appelé le G7 à réintégrer la Russie, exclue en 2014 après l’annexion de la Crimée. « Ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations », avait-il dit. Conte, dont c’était la première grande réunion internationale, s’était dit « d’accord » avec le président américain, se démarquant de ses collègues européens.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange : Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Dans le domaine de la défense, en revanche l’Italie a fait savoir qu’il était hors de question qu’elle atteigne l’objectif de dépenses pour le secteur à hauteur de 2 % du PIB, a fortiori le nouvel objectif de 4 % fixé par Donald Trump aux alliés lors du dernier sommet de l’Otan.

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