Le patron du «New York Times» met en garde Trump après ses multiples attaques contre la presse

FAKE NEWS Dans un communiqué, le directeur de la publication du quotidien répond au président américain sur ses attaques contre les journalistes...

Caroline Politi

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Le bâtiment du New York Times à New York, en juillet 2017.
Le bâtiment du New York Times à New York, en juillet 2017. — SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le patron du prestigieux New York Times a révélé ce dimanche avoir vigoureusement mis en garde Donald Trump sur ses attaques répétées contre la presse lors d’une rencontre à la Maison Blanche.

C’est le président américain lui-même qui avait révélé un peu plus tôt dans un tweet avoir discuté de «fake news» avec Arthur Gregg Sulzberger, directeur de la publication du quotidien. « Avons passé beaucoup de temps à parler des vastes quantités de fake news qui sont publiées par les médias et comment ces fake news se sont métamorphosées en une phrase, 'Ennemi du peuple'. Triste ! », a-t-il tweeté.

Les journalistes « ennemis du peuple », selon Trump

Ce tweet a conduit Arthur Gregg Sulzberger à publier un communiqué sur cette rencontre, qui était supposée rester confidentielle comme toutes les réunions que les dirigeants des grands médias américains ont régulièrement avec les responsables du gouvernement. Il a précisé avoir rencontré le président septuagénaire le 20 juillet, à la demande de la Maison Blanche, accompagné du responsable de la page éditoriale du journal, James Bennet.

Il a ajouté avoir décidé de répondre publiquement au tweet de Donald Trump, en se basant sur les notes détaillées prises par James Bennet et lui-même. « Mon objectif principal en acceptant cette rencontre était de soulever mes inquiétudes au sujet de la rhétorique anti-presse extrêmement troublante du président », a expliqué celui qui a succédé début 2018 à son père Arthur Ochs Sulzberger comme directeur de la publication du Times. « J’ai dit franchement au président que je pensais que son discours n’était pas seulement facteur de division mais qu’il était de plus en plus dangereux », a-t-il ajouté dans ce communiqué. Et d’ajouter : « Je lui ai dit que bien que l’expression 'Fake News' soit fausse et nuisible, j’étais beaucoup plus préoccupé par sa façon de caractériser les journalistes comme des 'ennemis du peuple' ».

Une réponse sous forme de tweets

Donald Trump ne pouvait pas laisser le New York Times avoir le dernier mot : dans une série de tweets dimanche après-midi, le président américain a lancé de nouvelles attaques contre la presse, affirmant que ce sont les médias qui « mettent des vies en danger, et pas seulement celles de journalistes (…) en révélant des délibérations internes de l’administration ».

« Le défaillant New York Times et le Washington Post d’Amazon ne font rien qu’écrire de mauvais articles, même sur des réussites très positives, et ils ne changeront jamais ! », a-t-il ajouté. Le New York Times fait partie des médias les plus souvent attaqués par Donald Trump, avec la chaîne CNN et le Washington Post, propriété du patron d’Amazon Jeff Bezos.