Etats-Unis: La Maison Blanche reporte le sommet Trump-Poutine pour tenter de déminer la situation russe

ETATS-UNIS Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a été auditionné par le Sénat dans une atmosphère très tendue, en pleine polémique sur le tête-à-tête de Trump avec le président russe en juillet…

M.C. avec AFP

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Le 7 juillet 2017, le président américain Donald Trump rencontre le président russe Vladimir Poutine à Hambourg lors du G20.
Le 7 juillet 2017, le président américain Donald Trump rencontre le président russe Vladimir Poutine à Hambourg lors du G20. — Evan Vucci/AP/SIPA
  • La Maison Blanche tente de faire oublier la rencontre Trump-Poutine d’Helsinki, qui a eu un effet désastreux dans l’opinion et la sphère politique américaines.
  • Le prochain sommet entre les deux hommes, envisagé pour cet automne à Washington, a été prudemment reporté aux calendes russes.
  • Mike Pompeo a tenté de dissiper les inquiétudes des parlementaires en affichant sa fermeté face à Moscou.

Opération déminage. La Maison Blanche a annoncé mercredi le report du prochain sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, une des mesures prises pour tenter d’en finir avec la polémique qui ne cesse d’enfler depuis la rencontre d’Helsinki, mi-juillet, entre les présidents américain et russe.

Juste avant l’audition sous haute tension du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo devant le Sénat, l’administration a fait deux annonces symboliques. Tout d’abord, le prochain sommet Trump-Poutine, initialement envisagé pour l’automne à Washington, aura finalement lieu « l’année prochaine ». Motif officiel : l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine et sur des soupçons de collusion, qualifiée de « chasse aux sorcières » par la Maison Blanche, doit auparavant être bouclée pour ne pas parasiter les échanges.

Par ailleurs, Mike Pompeo a lui-même publié une « déclaration sur la Crimée » dans laquelle Washington « réaffirme » solennellement son « refus de reconnaître » l’annexion de cette péninsule ukrainienne par la Russie en 2014. Objectif : dissiper l’impression laissée par la conférence de presse qui avait suivi le sommet américano-russe d’Helsinki le 16 juillet, quand Donald Trump s’était montré incapable de critiquer Moscou, notamment sur la Crimée et le conflit en Ukraine. Le président ukrainien Petro Porochenko a réagi en saluant « une déclaration historique ».

« Nous ne connaissons pas la vérité » sur le tête-à-tête Trump-Poutine

Cette double annonce n’a pas empêché des échanges très vifs lors de l’audition du chef de la diplomatie américaine par des sénateurs républicains comme démocrates ulcérés par l’attitude de Donald Trump. En toile de fond, le tête-à-tête de deux heures dans la capitale finlandaise avec Vladimir Poutine, en présence seulement des interprètes, objet de toutes les conjectures sur d’éventuelles promesses secrètes faites au président russe.

« Nous ne connaissons pas la vérité », « les Américains méritent de savoir ce qui s’est passé », a attaqué d’emblée le chef de file de l’opposition démocrate au sein de la commission des Affaires étrangères, Bob Menendez, accusant le milliardaire républicain d’afficher sa « proximité avec nos adversaires ».

Trump a semblé accepter facilement la version russe

Sur le fond, Mike Pompeo a défendu un sommet utile entre deux superpuissances nucléaires, qui doivent tenter de s’entendre. Et il a tenté de dissiper les principales inquiétudes des parlementaires en affichant sa fermeté face à Moscou.

Ces derniers reprochent au locataire de la Maison Blanche d’avoir dans un premier temps donné plus de poids aux dénégations du maître du Kremlin au sujet de l’ingérence russe qu’aux rapports du renseignement américain qui attestent d’une telle immixtion dans la vie démocratique américaine.

Nette distinction entre politique du gouvernement et déclarations de Trump

« J’ai personnellement dit clairement aux Russes qu’il y aurait de graves conséquences pour l’ingérence dans nos processus démocratiques », a lancé le chef de la diplomatie américaine, promettant de travailler à de nouvelles sanctions avec le Congrès, très largement hostile à la Russie. « Nous avons fait clairement comprendre que la balle est dans le camp russe », a-t-il dit. Selon lui, le président Trump est « bien conscient des défis posés par la Russie ».

Les critiques « n’ont rien à voir avec vous », « ce sont les déclarations publiques du président qui sèment l’inquiétude parmi les sénateurs des deux bords », a résumé le président républicain de la commission, Bob Corker, dressant une nette distinction entre la politique gouvernementale et la parole présidentielle.