Séisme en Chine: les miraculés de Beichuan

REPORTAGE Dans les rues de Beichuan, l'une des villes les plus touchées par le séisme...

A Beichuan, Caroline Dijkhuis

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Malgré une formidable mobilisation nationale, l'espoir de retrouver de nombreux survivants du séisme en Chine a brutalement disparu jeudi avec une estimation officielle d'au moins 50.000 morts.
Malgré une formidable mobilisation nationale, l'espoir de retrouver de nombreux survivants du séisme en Chine a brutalement disparu jeudi avec une estimation officielle d'au moins 50.000 morts. — Peter Parks AFP

«Venez par ici, on a entendu quelque chose!» Quelques parents qui observaient ce vendredi le chantier principal du collège n°1 de Beichuan, un trou à la place de cinq étages de classes, se dirigent à toute vitesse vers un bâtiment annexe.

«Les Taiwanais qui sont arrivés tout à l’heure ont apporté avec eux deux scanners spéciaux qui repèrent les survivants par le bruit, explique Hao Chen. Et ils viennent de trouver deux personnes distinctes.» Cet ingénieur américain, Chinois d’outre-mer, était en mission à Shanghai lorsque le séisme a frappé la région du Sichuan lundi. Il a alors décidé de venir aider, et est arrivé jeudi hier après-midi à Beichuan, l’une des villes les plus touchées par le sinistre. Le centre-ville a tout simplement été rayé de la carte.

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Un père, veste et casquette mao bleues et poussiéreuses, observe la scène et sa trentaine de secouristes d’un peu de haut. «On le sait qu’il y a encore des survivants, hier soir, on en a encore sorti six! Il y a des jeunes sur le côté, mais on ne peut pas creuser avec les mains, c’est trop dangereux. Il faudrait des machines qu’ils n’ont pas!»
 
Son fils à lui avait cours au rez-de-chaussée, il y a très peu d’espoir de le retrouver vivant. Pourtant, aujourd’hui, 18 survivants ont été retrouvés à Beichuan, 96 heures après le drame: cela tient quasiment du miracle. Li Qi arrive en courant dans la cour de l’école. Ce jeune Shanghaien a rencontré Hao Chen à l’aéroport et l’interpelle un peu euphorique, bloqué derrière le ruban de sécurité: il vient de participer au sauvetage d’une jeune fille sous les décombres du centre-ville.

La survivante doit se lever pour les officiels


«On nous a dit vers minuit qu’il y avait une zone où on venait de retrouver une dame», raconte-t-il. «On y est allés, on a crié ”y a encore quelqu’un?” et on a entendu taper sur les tuyaux. On a dû attendre le matin pour commencer à la dégager, on lui parlait pour qu’elle ne perde pas espoir, et on essayait qu’elle ne parle pas trop pour garder ses forces. On l’a finalement dégagée tout à l’heure, à 15 heures…»

La jeune femme secourue a ensuite été transférée immédiatement à l’hôpital, après avoir reçu les premiers secours. Une centaine de mètres plus loin, là où l’organisation des secours a planté son campement, un brancard dépose une forme fragile sous une tente bleue. Trois médecins posent immédiatement une perfusion à la vieille dame… une survivante elle aussi, que les policiers n’ont pas hésité à faire lever quelques minutes plus tard, pour la visite d’un officiel.

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