Royaume-Uni: La loi sur l’abattage des blaireaux contestée par des associations de défense des animaux

ENVIRONNEMENT Au Royaume-Uni, la politique d’abattage des blaireaux, accusés de propager la tuberculose bovine, est dénoncée par les défenseurs de la cause animale…

20 Minutes avec AFP

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Blaireaux européens. Illustration.
Blaireaux européens. Illustration. — AUSLOOS/SIPA

« Des centaines de blaireaux […] pris au piège dans des cages, et […] en plein soleil, sans eau pendant des heures », dénonce Dominic Dyer, le président de l’association de défense des animaux Badger Trust. La politique d’abattage des blaireaux outre-manche, qui consiste à les piéger dans des cages avant de les abattre, est dans le collimateur des associations de défense des animaux.

Une loi en contradiction avec la loi sur le bien-être des animaux

Depuis 2013, il est légal de tuer les blaireaux, accusés de propager la tuberculose bovine, afin de lutter contre l’épidémie au sein des élevages bovins. Les licences sont délivrées dans certaines zones dites à risque pour des périodes bien définies. Récemment, le ministère de l’environnement piloté par Michael Gove a autorisé l’extension de certaines licences, notamment dans l’ouest du Gloucestershire et l’ouest du Somerset.

Des pièges supplémentaires ont été installés pour attraper les blaireaux, qui sont attirés dans des cages, en plein soleil. Mais pour les défenseurs des droits des animaux, les fortes chaleurs rendent cette méthode « inhumaine ». Le gouvernement est accusé de ne pas respecter l’Animal Welfare Act 2006, la loi sur le bien-être des animaux, qui interdit de causer de la souffrance à un animal. Le 14 juillet, l’association de défense des animaux Badger Trust a envoyé une lettre à la Natural England, l’autorité gouvernementale chargée de protéger la nature anglaise, afin de leur demander de révoquer ces licences.

Un animal « diabolisé » mais qui fait partie des espèces protégées

Depuis la mise en place de la politique d’abattage des blaireaux en 2013, quelque 30 000 animaux ont été tués. Pour les défenseurs de la cause animale, cet abattage n’est pas justifié. Le Badger Trust, l’association de défense des animaux, a porté cette affaire devant la Haute Courte de justice qui devrait rendre sa réponse dans quelques semaines. L’association estime que le gouvernement n’a pas correctement évalué l’impact de cet abattage sur l’habitat sauvage de cet animal « diabolisé » qui est une espèce protégée.

Plusieurs rapports d’experts ont montré que l’abattage de blaireaux n’a pas permis d’endiguer la propagation de la tuberculose bovine. « La contamination se fait avant tout entre bovins. La politique d’abattage des blaireaux du gouvernement ne résiste pas à l’analyse scientifique », affirme Steve Trotter, du Wildlife Trusts, une organisation qui réunit différentes associations de protection environnementale, au Guardian .