Guerre commerciale: Rencontre mercredi entre Jean-Claude Juncker et Donald Trump

TENSIONS Le président de la Commission européenne se rend à Washington pour rencontrer le président des Etats-Unis alors que ce dernier a récemment décidé d’augmenter drastiquement les droits de douane…

20 Minutes avec AFP

— 

Donald Trump, président des Etats-Unis, Donald Tusk, président du Conseil européen et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
Donald Trump, président des Etats-Unis, Donald Tusk, président du Conseil européen et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. — n européenne.

Le tête-à-tête dans le Bureau ovale pourrait être tendu : Donald Trump reçoit mercredi le chef de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, au moment où la guerre commerciale qu’il a déclenchée fait grincer des dents dans son propre camp. Preuve des turbulences liées au bras de fer engagé par le président américain : son administration vient d’annoncer une aide d’urgence de 12 milliards de dollars destinée aux agriculteurs touchés par les représailles aux tarifs douaniers décrétés par Washington visant la Chine, l’Union européenne ou encore le Canada.

Dans ce contexte, la rencontre entre le magnat de l’immobilier, à la Maison Blanche depuis dix-huit mois, et le Luxembourgeois, à la tête de la Commission européenne depuis 2014, s’annonce particulièrement délicate. Connu pour son franc-parler - et son humour - le chef de l’exécutif européen a raconté que Donald Trump lui avait dit, à l’occasion du dernier G7 : « Jean-Claude, tu es un tueur brutal ». « Je pense qu’il a dit cela comme un compliment mais je n’en suis pas sûr… », a-t-il ajouté.

« Ils ont l’air gentils, mais ils sont durs »

Donald Trump menace régulièrement de franchir un nouveau cap en l’absence de concessions de la part de Bruxelles : imposer des droits de douane sur les importations de voitures européennes, ce qui inquiète particulièrement l’Allemagne, où ce secteur clé emploie quelque 800.000 personnes. Avant son départ, Cecilia Malmström, la Commissaire européenne au Commerce, qui accompagnera Jean-Claude Juncker dans la capitale fédérale américaine, a exprimé l’espoir d’une « désescalade ». Mais peu de signaux pointent dans ce sens.

A la veille de la rencontre, le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois dénoncé l’attitude de l’Europe à laquelle il réserve depuis plusieurs mois ses flèches les plus aiguisées. « Ce que nous fait l’Union européenne est incroyable (…) Ils ont l’air gentils, mais ils sont durs », a-t-il lancé depuis Kansas City, dans le Missouri, promettant de défendre avec vigueur les intérêts de l’Amérique lors de sa rencontre avec le président de la Commission européenne.

Turbulences au Parti républicain

Se réjouissant, sur le ton volontiers provocateur qu’il affectionne, que les pays visés par les tarifs douaniers « viennent tous à Washington pour négocier », Donald Trump martèle que sa stratégie finira par porter ses fruits et que « tout ira bien ». Mais l’approche est loin de faire l’unanimité dans le camp républicain, traditionnellement favorable au libre-échange.

« Je ne pense pas que les tarifs douaniers soient la bonne réponse », a lâché mardi le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan. Ce dernier est originaire du Wisconsin, Etat qui abrite le siège de Harley-Davidson. Le célèbre constructeur de motos a averti sans détour que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires allait rogner ses marges en 2018.