Chili: 158 membres de l'Eglise catholique visés par une enquête pour abus sexuels

CHILI Certains dossiers remontent aux années 1960...

M.C. avec AFP

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L’archevêque de Santiago, le cardinal Ricardo Ezzati, a été convoqué par le procureur régional de Rancagua (centre) afin de répondre aux accusations.
L’archevêque de Santiago, le cardinal Ricardo Ezzati, a été convoqué par le procureur régional de Rancagua (centre) afin de répondre aux accusations. — MARIO RUIZ/EFE/SIPA

L’Eglise catholique chilienne en pleine tourmente. Evêques, prêtres mais aussi laïcs liés à l’Eglise : au total, 158 personnes sont ou ont été visées dans le pays par une enquête pour abus sexuels sur des mineurs et des adultes depuis les années 1960.

C’est la première fois que la justice de ce pays dévoile des chiffres donnant une vue d’ensemble sur ce type d’affaires. Ils sont publiés alors que le Chili est agité depuis plusieurs mois par une série de scandales de pédophilie au sein de son Eglise, dans la foulée de la visite du pape en janvier.

36 enquêtes sont toujours en cours

L’archevêque de Santiago, le cardinal Ricardo Ezzati, a par ailleurs été convoqué mardi par le procureur régional de Rancagua (centre) afin de répondre aux accusations, a annoncé l’archevêché. « Je réitère mon engagement et celui de l’Eglise de Santiago envers les victimes, dans la recherche de la vérité et le respect de la justice civile », a assuré l’archevêque de Santiago dans un communiqué, ajoutant qu’il avait la « conviction de n’avoir jamais dissimulé ou entravé la justice ».

Si la plupart des dossiers de ces scandales sont déjà classés au fil du temps - après une condamnation, un classement sans suite ou un non-lieu, notamment -, 36 enquêtes sont toujours en cours, a précisé le procureur général Luis Torres lors d’une conférence de presse.

« Des agressions sexuelles commises par des curés de paroisses »

Depuis 1960, le parquet général a totalisé 266 victimes, dont 178 étaient mineures. « Dans leur grande majorité, les faits dénoncés correspondent à des agressions sexuelles commises par des curés de paroisses ou des personnes liés à des établissements scolaires », selon le communiqué.

Ces données incluent des auteurs présumés qui faisaient partie du clergé au moment des faits, dont des évêques, des prêtres ou des diacres, mais aussi des moines. En outre, une dizaine de « laïcs qui exerçaient une fonction dans la communauté de l’Eglise », tels que des coordinateurs dans des établissements scolaires religieux, sont également visés.

Pour les associations de défense des victimes, il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. « Le travail qu’est en train de réaliser le parquet est sans aucun doute quelque chose de très positif et il commence à mettre en lumière des cas qui étaient des secrets de polichinelle », a déclaré à l’AFP Juan Carlos Claret, porte-parole de l’association des laïcs d’Osorno (sud).