Une guerre avec l'Iran? Quand Trump accusait Obama de vouloir détourner l'attention

STRATEGIE Le président américain a menacé Téhéran, en majuscules, dimanche soir, alors qu'il est sous pression...

P.B. avec AFP

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Donald Trump et Barack Obama à la Maison Blanche, le 10 novembre 2016.
Donald Trump et Barack Obama à la Maison Blanche, le 10 novembre 2016. — P.MARTINEZ/A/SIPA

Donald Trump, roi de la distraction ? Attaqué de toutes parts après le sommet d’Helsinki avec Vladimir Poutine, et sous pression de l'enquête sur la Russie, Donald Trump a averti l'Iran, en majuscules, dimanche soir, dans un tweet qui rappelle ses menaces contre la Corée du Nord. Mais pour l’instant, les diplomates du monde entier n’accordent pas vraiment d’importance à la tirade présidentielle.

« NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ETATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT », a écrit le locataire de la Maison Blanche dans un message adressé à son homologue iranien. « NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE ET DE MORT. FAITES ATTENTION ! », a-t-il poursuivi.

https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1021234525626609666

Ce message est intervenu après un avertissement de Hassan Rohani au dirigeant américain, lui conseillant de « ne pas jouer avec la queue du lion » et assurant qu’un conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

« Détourner l’attention »

Nombre d’observateurs voyaient d’abord lundi dans la virulente sortie du président une volonté de faire diversion a moment où il traverse une passe difficile après ses propos particulièrement conciliants à l’égard de son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki. Il l’a déjà fait par le passé avec les polémiques sur la NFL ou ses menaces contre Pyongyang.

« Frustré par l’absence de progrès avec la Corée du Nord, en colère à cause des réactions négatives après Helsinki, Trump essaye d’évacuer, de faire le dur et de changer de sujet », a réagi Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur dans plusieurs administrations démocrates comme républicaines.

S’appuyant sur ses discussions avec des responsables européens, Rob Malley, président de l’International Crisis Group, soulignait de son côté que ces derniers « ne prennent pas vraiment au sérieux (le tweet présidentiel), y voyant d’abord une façon de détourner l’attention de Mueller (procureur spécial qui enquête sur une éventuelle collusion entre Moscou et l’équipe Trump) et Poutine ».

Les vieux tweets de Trump refont surface

L’ironie de l’affaire, c’est que Donald Trump a par le passé accusé Barack Obama d’être prêt à partir en guerre contre l’Iran pour détourner l’attention du public, en 2011, 2012 et 2013.

« Je prédis que le président Obama va, à un certain moment, déclencher une guerre avec l’Iran sauver la face. » « Maintenant qu’Obama est en baisse dans les sondages, il va ordonner des frappes contre la Libye ou l’Iran. Il est désespéré. » « Pour être réélu, Barack Obama va déclarer la guerre à l’Iran. »

 

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