L'Europe n'isolera pas l'Iran malgré la demande des Etats-Unis

DIPLOMATIE L’Europe a adopté un mécanisme juridique afin de protéger les entreprises européennes qui continueront à commercer avec l’Iran…

20 Minutes avec agences

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L'UE a rejeté la demande américaine d'isoler l'Iran.
L'UE a rejeté la demande américaine d'isoler l'Iran. — MORTEZA NIKOUBAZL/SIPA

Les Européens ont rejeté lundi la demande des États-Unis d’isoler économiquement l’Iran. Bruxelles a adopté un instrument juridique pour protéger des sanctions américaines les entreprises européennes implantées en Iran, a indiqué la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

« Nous prenons toutes les mesures pour permettre à l’Iran de bénéficier des retombées économiques de la levée des sanctions », a-t-elle déclaré à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères des Etats membres.

Des sanctions américaines dès le 6 août

Les sanctions américaines commenceront à être appliquées à partir du 6 août. La loi de blocage européenne entrera en application le jour même. Ce règlement doit permettre de contrer le fait que les sanctions américaines s’appliquent à toutes les entreprises et personnes physiques dans le monde, en vertu du principe de l’extraterritorialité du droit américain.

De nombreuses grandes entreprises européennes, comme le groupe pétrolier Total, ont décidé de se retirer d'Iran s'ils ne sont pas exemptés des sanctions américaines. Or, Washington a refusé d’en dispenser les entreprises européennes après avoir dénoncé l'accord sur le nucléaire avec l'Iran.

L’Iran, un pays dépendant de son pétrole

Federica Mogherini a reconnu que l’exercice était « difficile » en raison du poids « non négligeable » des Etats-Unis dans l’économie mondiale. « Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ne meure, car les conséquences seraient catastrophiques pour tous », a-t-elle déclaré.

Jean-Yves Le Drian​, chef de la diplomatie française a insisté sur « la nécessité de permettre à l’Iran de continuer à vendre son pétrole ». Selon les données européennes, en 2017, le secteur de l’énergie a en effet fourni 50 milliards de dollars de recettes à l’Etat iranien, provenant essentiellement du pétrole.

Les services du commissaire à l’Energie Miguel Arias Canete travaillent sur ce mécanisme et « des propositions sont attendues », selon une source diplomatique. L’euro devrait être la devise utilisée pour les transactions sur le pétrole iranien, à la place du dollar. Ces transactions seront réglées via des transferts entre les banques centrales européennes et la banque centrale iranienne.