Haïti: Démission du Premier ministre suite aux violences

HAïTI La démission du premier ministre met un terme à une semaine de tension politique et sociale, après la vague de violences qu’a connue le pays les 6, 7 et 8 juillet…

N.Sa avec AFP

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Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a démissionné le 14 juillet 2018.
Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a démissionné le 14 juillet 2018. — Jean Marc Herve Abelard/E/SIPA

Vendredi il assurait sur Twitter qu’il ne démissionnerait pas. Pourtant, le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a abruptement annoncé sa démission samedi, une semaine après des violences meurtrières déclenchées par une tentative du gouvernement d’augmenter les prix des carburants.

« Avant de venir ici, j’ai remis ma démission au président de la République. (…) Le président de la République a accepté ma démission et, comme je vous dis, je suis au service de la République », a déclaré Jack Guy Lafontant devant les députés. Accompagné de l’ensemble de ses ministres, le chef du gouvernement était à la Chambre des députés car les parlementaires exigeant son départ du pouvoir l’avaient convoqué.

La population réclame aussi le départ du président Jovenel Moïse

Plusieurs centaines de manifestants avaient défilé samedi dans les rues de la capitale Port-au-Prince pour exiger le départ du Premier ministre mais aussi du président Jovenel Moïse. « Ça n’est pas seulement une question de changer le Premier ministre car, de jour en jour, le peuple souffre toujours plus de la misère, du chômage, de l’insécurité, de la faim » a témoigné Fleurette Pierre. « Jovenel doit aussi partir mais pas en exil non : il va aller directement en prison pour l’argent gaspillé », a ajouté la manifestante vivant dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale.

La démission du premier ministre met un terme à une semaine de tension politique et sociale, après la vague de violences qu’a connue le pays les 6, 7 et 8 juillet. Vendredi dernier, le gouvernement avait annoncé la hausse des prix de l’essence de 38 %, du gazole de 47 % et du kérosène de 51 %, à compter du samedi 7 juillet à minuit. Avant de revenir sur sa décision après les violences qui ont éclaté dans Port-au-Prince, la capitale.