Grande-Bretagne: «Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président?» s'emporte la classe politique britannique

POLITIQUE Le président américain Donald Trump a vivement critiqué la stratégie de la Première ministre britannique Theresa May sur le Brexit…

20 Minutes avec AFP

— 

Theresa May à la Maison Blanche avec Donald Trump, le 27 janvier 2017.
Theresa May à la Maison Blanche avec Donald Trump, le 27 janvier 2017. — MANDEL NGAN / AFP

Les déclarations de Trump sur Theresa May ont du mal à passer outre-Manche.  Les attaques du président américain contre la stratégie de la Première ministre britannique sur le Brexit ont provoqué des réactions outragées de la classe politique qui a défendu en bloc sa dirigeante vendredi.

« Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ? », a tweeté le ministre de l’Education Sam Gyimah, résumant la stupéfaction générale.

« Si adopter la vision du monde de Trump est le prix à payer pour un accord, cela n’en vaut pas le prix »

Face aux déclarations du président américain, qui dans le tabloïd The Sun a affirmé que la position britannique sur le Brexit « tuera probablement l’accord » de libre-échange auquel souhaite parvenir Londres avec Washington après le Brexit, la députée conservatrice Sarah Wollaston a répondu : « Si adopter la vision du monde de Trump est le prix à payer pour un accord, cela n’en vaut pas le prix. »

Sa collègue Anna Soubry a estimé que « plus Donald Trump insulte Theresa May, plus il renforce la crédibilité » de la Première ministre. « Une fois de plus, il porte atteinte à la réputation du grand pays qu’il est censé conduire ».

« Compassion » pour Theresa May

Les propos du milliardaire américain, estimant que l’ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson ferait « un grand Premier ministre », quelques jours seulement après sa démission sur fond de désaccord avec Theresa May sur le Brexit, ont aussi provoqué la colère de certains. « Non Monsieur le président, Boris Johnson ferait un épouvantable Premier ministre », lui a répondu Margot James, secrétaire d’État au sein du ministère de la Culture et des Médias.

Même la députée travailliste Emily Thorneberry, féroce critique du gouvernement, s’est rangée du côté de Theresa May et a condamné les propos du locataire de la Maison Blanche. Il est « extraordinairement impoli de la part de Donald Trump de se comporter de cette manière », a-t-elle déclaré. « Elle est son hôte. Qu’est-ce que sa mère lui a appris ? Ce n’est pas une manière de se comporter. »

« Le comportement effroyable de Trump me fait compatir avec Theresa May », a abondé sa collègue travailliste Yvette Cooper. Les deux élues ont exhorté la Première ministre à « tenir tête » au président américain.

Un impact sur les marchés financiers

Le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères Alan Duncan a lui tenté de minimiser la portée des propos du président américain. « Donald Trump aime la controverse, c’est son style, sa couleur […] Je ne pense pas que ce soit grossier », a-t-il affirmé sur la BBC.

Les saillies du président américain ont néanmoins eu un impact sur les marchés financiers. « Cela a fait baisser la livre pendant la nuit », a commenté Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group, pour expliquer la perte de valeur de la monnaie britannique, qui reculait de 0,59 % par rapport au dollar vendredi à 9h45.