« L’Allemagne est complètement contrôlée par la Russie (…) elle est prisonnière de la Russie. » Donald Trump, arrivé très remonté à Bruxelles mardi, avait ouvert les hostilités avant même le début du sommet de l’Otan en s’en prenant avec une virulence inédite à Berlin.

Ce mercredi, le président américain a une fois de plus consterné les alliés des Etats-Unis au sein de l’Otan en leur demandant de faire passer à terme à 4 % de leur PIB leurs dépenses de défense. En séance plénière, il a insisté pour que les alliés respectent l’engagement pris en 2014 de consacrer 2 % de leur produit intérieur brut à la défense en 2024 puis leur a demandé de porter ces dépenses à 4 % de leur PIB.

Les lieutenants de Trump font la grimace

Alors que Donald Trump attaquait Berlin, son chef de cabinet, John Kelly, a fait la grimace. La Maison Blanche assure que l’explication est à chercher du côté du petit-déjeuner décevant, car il n’y avait que « des pâtisseries et du fromage » alors que Kelly s’attendait à un « buffet complet ».

Le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et celui à la Défense, Jim Mattis, ont également fixé leur assiette à plusieurs reprises. Sur Twitter, Pompeo a fait du damage control, défendant l’Otan comme « la plus grande alliance de l’histoire ».

« Donald Trump a commencé par dire qu’il avait beaucoup d’estime pour les Européens et, deux secondes plus tard, il a lancé son discours sur le partage du fardeau pour les dépenses de défense », a expliqué à l’AFP le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn. « L’Otan n’est pas un marché où l’on peut acheter la sécurité », a renchéri le président de la Bulgarie Roumen Radev au cours d’une rencontre avec la presse bulgare. L’atmosphère n’était pas des plus plaisantes et une certaine confusion était perceptible autour de la table après le discours de Donald Trump, a confié l’entourage de Radev.

Trump a encore tweeté

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a même éludé le sujet au cours de sa conférence de presse à la fin de la journée. « Commençons déjà avec les 2 % pour lesquels il y a encore beaucoup d’efforts à faire », a-t-il lancé.

Une quinzaine d’Etats membres, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Belgique et l’Espagne, sont sous les 1,4 % du PIB en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère le président américain, qui a ensuite exigé, dans un tweet, que les Alliés portent leurs dépenses militaires à 2 % « IMMEDIATEMENT ».

A noter que la déclaration commune adoptée ce mercredi par les dirigeants de l’Alliance ne fait aucune mention de ces fameux 4 %.

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