Pluies au Japon : Le bilan s'alourdit encore, le déblayage sera compliqué

CATASTROPHE NATURELLE Des pluies torrentielles suivies de glissements de terrain ont fait des ravages dans l’ouest du Japon avec un bilan provisoire de 103 morts. Le soleil est revenu, mais les secours appellent la population à rester sur ses gardes..

20 Minutes avec AFP

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Un homme marche dans une rue dévastée de Saka, dans la province d'Hiroshima, le 8 juillet 2018.
Un homme marche dans une rue dévastée de Saka, dans la province d'Hiroshima, le 8 juillet 2018. — Martin BUREAU / AFP

Les secouristes s'efforçaient lundi de retrouver des disparus dans des quartiers entièrement recouverts de boue et dans les décombres d'habitations de l'ouest du Japon où ont déjà péri au moins 103 personnes après des pluies torrentielles.

Le soleil est revenu, mais il tape et va à son tour compliquer les opérations de secours, en raison des risques très forts d'insolation et coups de chaleur.

La perspective d’un bilan plus lourd encore ?

Face à la gravité de la situation, le Premier ministre, Shinzo Abe, «a décidé d'annuler une tournée prévue à partir de mercredi en Belgique, France, Arabie Saoudite et Egypte», afin de donner la priorité «au sauvetage des sinistrés et à la reconstruction», a expliqué le porte-parole du gouvernement au cours d'une conférence de presse.

La chaîne de télévision NHK faisait quant à elle état lundi en début de nuit (mi-journée en heure GMT) d'un bilan encore plus lourd de 125 morts et 61 disparus.

Dans la ville de Kumano, connue de par le monde pour ses pinceaux de maquillage, d'énormes glissements de terrain ont emporté des maisons qui ne sont plus que monceaux de bois, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Déblayer les maisons détruites pour atteindre les éventuels blessés

Le soleil brûlant commençait à dessécher la boue. Equipés d'engins de chantier, de pelles ou de tronçonneuses, les sauveteurs cherchaient les traces d'une douzaine d'habitants manquant à l'appel.

«Nous sommes en train d'enlever les débris avec du gros matériel là où nous le pouvons. Nous déblayons aussi des maisons détruites, sans quoi il est impossible d'atteindre d'éventuels personnes coincées dessous», a expliqué un militaire.

«J'aurais aimé que ma soeur et sa famille évacuent plus tôt», se désole Kosuke Kiyohara devant la maison fortement endommagée de proches portés disparus.

Des quartiers entiers noyés

Un peu partout, en retournant dans leurs logements sinistrés après la fin de la pluie, les habitants ont commencé à réaliser l'ampleur du désastre, avec des quartiers entiers noyés, des habitations sens dessus dessous, des voitures gisant dans des cratères qui se sont formés sur des routes s'étant totalement effondrées, des glissements de terrain gigantesques, des ponts emportés et autres scènes de désolation.

Dans la ville de Kurashiki (province d'Okayama), «plus personne ne semble demander de l'aide» depuis les toits ou les terrasses des immeubles de cette cité, selon les observations effectuées par hélicoptère, a déclaré à l'AFP lundi matin un secouriste.

«Les sauveteurs se déplaçaient avec des bateaux hier en raison de l'ampleur des inondations, mais l'eau se retire progressivement aujourd'hui et si le niveau baisse suffisamment, ils pourront accéder aux zones durement touchées par la route ou à pied», a aussi expliqué à l'AFP au téléphone une porte-parole du bureau de gestion des catastrophes de la préfecture d'Okayama. «Il ne pleut pas aujourd'hui, mais nous devons rester vigilants face aux coulées de boue», a-t-elle insisté.

La plus grave catastrophe de ce genre depuis 1983

Il s'agit d'une des plus graves catastrophes de ce genre ces dernières années au Japon, avec un nombre de morts qui dépasse désormais celui enregistré à la suite de glissements de terrain à Hiroshima en 2014, soit 74. Il faut désormais remonter dans les annales à 1983, une année noire.

L'état d'alerte maximum a été levé partout dimanche dans la journée, mais pas question de baisser la garde. Et désormais, il va falloir faire aussi attention au risque d'insolation.

«Les opérations de secours sont maintenues 24 heures sur 24», a dit dimanche à l'AFP Yoshihide Fujitani, un responsable de la gestion des catastrophes de la préfecture d'Hiroshima. «Nous prenons également en charge les personnes évacuées et tentons de remettre en état les infrastructures vitales comme les réseaux de distribution d'eau et de gaz», a-t-il précisé. «Nous faisons de notre mieux.»

Cinq millions de personnes priées d’évacuer

Les précipitations entre vendredi et dimanche ont atteint des records en 118 points d'observation. Quelque 73.000 pompiers, policiers et militaires des Forces d'autodéfense ont été déployés sur le terrain. Pas moins de 700 hélicoptères et des milliers de véhicules terrestres ont aussi été mobilisés.Jusqu'à cinq millions de personnes ont au total été priées d'évacuer, mais ces ordres n'ont pas de caractère contraignant et, parfois, quand l'eau montait très vite, il pouvait être plus risqué de tenter de sortir que de se réfugier sur son toit.

Des usines (de Panasonic, Mitsubishi Motors, Mazda) ont été contraintes d'interrompre leurs activités dans la région, de même que des services comme Amazon.