Brésil: L'ancien président Lula reste finalement en prison

FAUSSE JOIE Un imbroglio judiciaire a failli permettre à l’ancien président brésilien condamné pour corruption d’être libéré de prison, mais le président de la cour d’appel en a décidé autrement…

N.Sa avec AFP

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Des supporters de l'ancien président brésilien Lula emprisonné pour corruption, réclament sa libération, le 8 juillet 2018.
Des supporters de l'ancien président brésilien Lula emprisonné pour corruption, réclament sa libération, le 8 juillet 2018. — Denis Ferreira Netto/AP/SIPA

C’est ce qu’on appelle une fausse joie. L'ancien président brésilien Lula, condamné pour corruption, doit rester en prison, a déclaré dimanche le président d’une cour d’appel dont un juge avait décidé la libération de Lula avant d’être contredit par un autre juge de la même cour. Un imbroglio judiciaire qui a créé la confusion au Brésil à trois mois d’une élection présidentielle parmi les plus incertaines de l’histoire du pays et à laquelle Lula veut se présenter.

Carlos Eduardo Thomson Flores, le président de cette cour d’appel, le TRF4 de Porto Alegre, dans le sud du Brésil, a déclaré dans un communiqué qu’il confirmait la décision du juge Joao Pedro Gebran Neto selon laquelle l'ancien président doit rester en prison, où il purge une peine de 12 ans et un mois pour corruption. Le TRF4 de Porto Alegre est le tribunal qui avait ratifié en janvier dernier la condamnation de première instance de Luiz Inacio Lula da Silva.

Une « non-libération » à rebondissements

Le juge Rogerio Favreto, qui était ce week-end le juge de permanence du TRF4, a fait sensation en ordonnant dimanche la mise en liberté de Lula. Tandis que les partisans de Lula commençaient déjà à fêter sa libération imminente trois mois après son incarcération, le juge Gebran Neto a décidé, lui, le maintien en prison de l’ancien président et a annulé la décision de son collègue.

Mais le juge Favreto a déclaré qu’il maintenait sa décision. « Je réaffirme la teneur des décisions prises antérieurement, en décrétant la mise en oeuvre immédiate de la mesure de libération dans un délai maximum d’une heure », a-t-il écrit. Quelques heures plus tard, le président du TRF4 a tranché en statuant que Lula resterait en détention.

Même s’il avait été remis en liberté, l’ancien président (2003-2010), en tête des intentions de vote pour le scrutin d’octobre, aurait probablement vu sa candidature à l’élection présidentielle invalidée par le tribunal électoral, en vertu d’une loi qui interdit à tout candidat déjà condamné en appel de se présenter.

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