Brésil: Un juge annule l'ordre de libération de l'ex-président Lula

JUSTICE Un autre juge avait pris un ordre de libération un peu plus tôt dans la journée…

A.B. avec AFP

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L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le 2 avril 2018, à Rio de Janeiro, au Brésil.
L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le 2 avril 2018, à Rio de Janeiro, au Brésil. — MAURO PIMENTEL / AFP

L’espoir aura été de courte durée pour l’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré pour corruption. Un juge de cour d’appel du Brésil a annulé dimanche un ordre de libération de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva pris quelques heures plus tôt par un autre magistrat de la même cour, le TRF4 de Porto Alegre.

L’ordre de libération avait eu l’effet d’une bombe

La police fédérale doit s’abstenir « de pratiquer un quelconque acte qui modifie la décision collégiale » de condamner Lula à 12 ans et un mois de prison pour corruption, a affirmé le juge Joao Pedro Gebran Neto, décidant que l’ex-président (2003-2010) devrait rester dans sa prison de Curitiba (sud).

Il annule ainsi la décision du juge Rogerio Favreto, qui se trouvait de permanence ce week-end au TRF4 et avait décidé d’accepter une demande d’Habeas Corpus présentée vendredi par plusieurs députés du Parti des Travailleurs (PT), fondé par Lula en 1980.

Lula se dit victime d’un complot

L’ordre de libération avait eu l’effet d’une bombe au Brésil. Le juge anticorruption Sergio Moro, qui a condamné Lula en première instance en juillet 2017, avait affirmé dans un document officiel dans la foulée que le juge Favreto n’avait pas la compétence pour prendre cette décision. Le Parquet Fédéral avait également déposé une requête pour que le TRF4 fasse machine arrière, ce qui a été fait par le biais de l’annulation du juge Gebran Neto. Celui-ci est le rapporteur en deuxième instance de l’opération « Lavage-Express », qui coordonne la plus grande enquête anticorruption de l’histoire du Brésil.

Le TRF4 est la cour d’appel qui a confirmé en janvier la condamnation de l’ex-président à une peine de prison, l’alourdissant même à 12 ans et un mois de prison, contre neuf ans et six mois en première instance.

Accusé d’avoir reçu un appartement en bord de mer pour favoriser une entreprise de bâtiment pour l’obtention de marchés publics, Lula nie farouchement et se dit victime d’un complot pour l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre, pour laquelle il est en tête des intentions de vote.