Nouvelle purge en Turquie: Plus de 18.000 fonctionnaires limogés

POLITIQUE Douze associations, trois journaux et une chaîne de télévision ont également été fermés par décret, dimanche...

20 Minutes avec AFP

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Recep Tayyip Erdogan,  le 7 juillet 2018.
Recep Tayyip Erdogan, le 7 juillet 2018. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Les protestations locales et internationales n’y font rien. Plus de 18.000 personnes ont été limogées en Turquie par un décret-loi publié dans le Journal officiel dimanche, dont de très nombreux membres des forces de l’ordre, mais aussi des enseignants et universitaires. Figurent parmi ces personnes, 9.000 fonctionnaires de police et 6.000 membres des forces armées. Par ailleurs, environ 1.000 employés du ministère de la Justice et 650 du ministère de l’Education ont également été renvoyés.

Ce décret-loi est présenté comme le dernier pris sous l’état d’urgence instauré au lendemain du putsch manqué de juillet 2016 et sans cesse renouvelé depuis. Les médias turcs affirment que ce régime d’exception sera levé lundi après la prestation de serment du président Recep Tayyip Erdogan réélu le 24 juin pour un nouveau mandat, et dont la levée de l’état d’urgence était l’une des promesses de campagne.

Associations, journaux et chaîne de télévision fermés

Lundi marquera également l’entrée en vigueur d’un système présidentiel en vertu d’une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017. Sous ce nouveau système, l’ensemble des pouvoirs exécutifs reviennent au président, qui pourra notamment promulguer des décrets présidentiels.

Par ailleurs, 12 associations, 3 journaux et une chaîne de télévision ont été fermés par le décret de dimanche. De plus, le texte annonce que 148 personnes, limogées par de précédents décrets, ont été réintégrées dans la fonction publique.

Une très longue liste au final

Selon l’ONG Human Rights Joint Platform (Ihop), 112.679 personnes avaient été limogées au 20 mars 2018, dont plus de 8.000 dans les forces armées, environ 33.000 parmi le personnel du ministère de l’Education et 31.000 au sein du ministère de l’Intérieur, dont 22.600 au sein de la Direction générale de la Sûreté.

Des milliers d’autres ont été suspendues. Ces purges sont vivement critiquées par l’opposition et les organisations de défense des droits de l’homme, qui y voient une tentative de faire taire toute voix critique.